Des centaines de milliers de personnes déplacées

Liban: Le président de la Caritas Liban craint une grave crise humanitaire

Beyrouth, 19 juillet 2006 (Apic) Le président de Caritas Liban craint une grave crise humanitaire, avec la guerre d’Israël contre son pays et les civils. 350’000 personnes ont été contraintes d’abandonner la banlieue sud de la capitale, et 150’000 autres ont été déplacées d’autres régions.

«Notre pays est très dépendant de l’extérieur, un gros importateur de biens de première nécessité. Ces derniers mois, dans une situation de difficulté économique croissante, les commerçants libanais se sont approvisionnés en petites quantités. Résultat: les stocks étaient déjà limités il y a 8 jours. Le blocus total ne fait qu’empirer la situation. Nous risquons l’asphyxie»: tel est le témoignage de Père Louis Samaha, président de la Caritas Liban, contacté par la l’Agence Misna dans la capitale Beyrouth, au huitième jour de l’opération d’envergure engagée par l’armée israélienne.

A l’heure actuelle, selon les chiffres fournis par le président de l’organisme catholique, 350’000 personnes ont été contraintes d’abandonner la banlieue sud de la capitale – une des zones les plus affectées par les bombardements d’avions israéliens – pour se réfugier surtout dans la périphérie est de Beyrouth, à majorité chrétienne, et dans la région du Mont Liban; à celles-ci s’ajoutent 150’000 déplacés originaires de la zone frontalière avec Israël, les premiers exposés au feu de l’armée israélienne.

«Tous ces évacués ont été accueillis dans des couvents, des écoles, des bâtiments publics, ouverts dans un élan de grande solidarité. Les gens se sentent plus en sécurité dans ces zones-là, bien qu’elles aient déjà fait l’objet de quelques bombardements», ajoute le Père Samaha.

En termes d’aides humanitaires, l’heure est à l’urgence: les organismes locaux, dont la Caritas, mettent tout en oeuvre pour acheminer denrées alimentaires, eau, médicaments vers les réfugiés. «Pour le moment, il est encore difficile d’évaluer l’extension de la crise. Nous distribuons des conserves car les évacués n’ont pas la possibilité de cuisiner des repas chauds, l’électricité faisant défaut. La situation est très critique en ce qui concerne le lait pour les enfants en bas âge car les stocks sont vraiment insuffisants», explique encore le responsable de l’organisme, présent avec 36 bureaux répartis sur tout le territoire libanais.

Même les camions humanitaires sont pris pour cibles

Aux besoins alimentaires s’ajoutent les nécessités en produits pharmaceutiques pour les personnes souffrant de maladies chroniques, mais aussi celles fortement fragilisées par la guerre. «Des familles entières ont tout perdu, ont connu des décès parmi leurs proches. Leur situation psychologique est très fragile et nous devons essayer de les soutenir médicalement aussi», dit encore le Père Samaha. Dans un scénario qui se présente chaque jour davantage comme une véritable urgence humanitaire, les problèmes principaux sont représentés par le manque d’abris où accueillir les évacués, mais aussi par les réserves alimentaires et de médicaments.

L’autre difficulté de taille est l’acheminement des aides, en raison des lacunes du réseau routier libanais mais surtout de l’insécurité diffuse vu que les camions sont fréquemment pris pour cible par les raids israéliens. «Nous avons envoyé un convoi dans le sud, vers la frontière, avec des camions de l’armée libanaise. Ils sont arrivés après 72 heures, pour un parcours qui prend habituellement 2 heures. Nous devons bien évaluer nos déplacements car les stocks de carburant sont limités aussi», constate le Père Samaha, qui conclut son témoignage en lançant un appel «à la solidarité internationale pour que cette situation cesse, pour nous venir en aide» car «la violence ne fait qu’engendrer la violence et une fois encore ce sont les civils qui paient le prix fort». (apic/misna/pr)

19 juillet 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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