Les évêques demandent de respecter le résultat des élections

Liban: Le synode maronite exhorte les Libanais à résister aux influences étrangères

Beyrouth, 5 juin 2009 (Apic) Les prochaines élections parlementaires se tiendront au Liban le 7 juin prochain sous l’oeil vigilant de dizaines d’observateurs américains (notamment de la Fondation Carter), de pays arabes et de pays francophones et autres, sans parler des ONG locales. Seront élus 128 députés qui constitueront la nouvelle Assemblée Nationale pour une durée de quatre ans.

Ces élections sont d’une grande importance pour l’avenir du «pays des cèdres», notamment pour les chrétiens locaux, divisés entre ceux qui appuient la «coalition du 14 mars», et les partisans de la «coalition du 8 mars». Sur les 3,1 millions d’électeurs, les chrétiens, minoritaires dans le pays (ils font environ 40% de la population), ont cependant un rôle crucial à jouer lors de ces élections. Les sièges du Parlement sont en effet partagés de manière équitable entre les musulmans et les chrétiens. Mais ces derniers, au lieu d’être unis pour défendre leurs intérêts, se déchirent entre l’actuelle majorité de l’Assemblée (la «coalition du 14 mars»). anti-syrienne et soutenue par l’Occident.

Les chrétiens y sont représentés par les Forces Libanaises (FL) dirigées par Samir Geagea, tandis que dans la «coalition du 8 mars», pro-syrienne, on y retrouve les chrétiens du Courant Patriotique Libre (CLP) avec à sa tête le général Michel Aoun. Cette coalition comprend aussi le Hezbollah, mouvement chiite. La «coalition du 14 mars» est pro-occidentale, favorable aux Etats-Unis et à l’Europe, ainsi qu’au monde arabe qui gravite dans leur orbite, comme l’Egypte ou l’Arabie Saoudite. La «coalition du 8 mars» est alliée de la Syrie et de l’Iran.

Dans un appel lancé à la population libanaise, les évêques maronites lui ont demandé d’accepter les résultats des élections et de respecter les différences d’opinions dans le pays. Le saint-synode réuni à Bkerké sous la présidence du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a lancé mercredi un appel aux Libanais à l’approche de l’échéance électorale. Pour les évêques, cette échéance ressemble «à une profession de foi dans le Liban». «Nous vous exhortons à renouveler votre foi dans le pacte national, un pacte unique qui a réussi à faire du Liban un pays fondé sur le partenariat moral entre les familles et sur les sacrifices réciproques», peut-on lire dans la déclaration des prélats maronites.

Appel des évêques à résister aux influences étrangères

Dans leurs recommandations, les évêques maronites demandent aux électeurs de se rendre aux urnes en se montrant responsables et en exerçant leur droit de vote en toute liberté. «Faites votre choix en toute conscience et en toute connaissance de cause. Faites preuve d’immunité morale et résistez aux tentations matérielles, aux influences étrangères qui n’apportent rien au pays et qui ne font que l’appauvrir. Exercez la concurrence dans un climat civilisé qui correspond à la réputation du Liban et à ses traditions ancestrales, car les élections libanaises sont aujourd’hui scrutées et surveillées par plusieurs pays et organisations. Ayez recours à la raison, non à la violence», écrivent les évêques. Ils mettent en garde contre les risques qui menacent la stabilité du pays et rappellent que la paix civile est de la responsabilité des électeurs.

«Acceptez les résultats du scrutin, et quoi qu’il en soit, l’Etat restera garant des libertés (…). Ouvrez une nouvelle page sur laquelle le Liban figurera en lettres capitales, un Liban nouveau pour tous et avec tous. Notre dernier voeu est que les Libanais réalisent l’importance des défis qui les attendent», a conclu le communiqué du synode maronite. (apic/orj/com/ds/be)

5 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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