Liban: Les évêques maronites appellent à des relations saines entre Beyrouth et Damas
Ils dénoncent «le rôle destructeur du régime syrien au Liban»
Beyrouth, 5 janvier 2006 (Apic) Les évêques maronites du Liban ont appelé mercredi à des relations saines entre Beyrouth et Damas. A l’issue de leur réunion, les membres de l’Assemblée des évêques maronites ont invité la Syrie à établir ses relations avec le Liban sur des bases «franches, claires et stables».
Les évêques maronites, dans un communiqué publié après leur assemblée qui s’est tenue au siège du patriarcat maronite à Bkerké, près de Beyrouth, ont qualifié de «destructeur pour l’Etat libanais» le régime «militaro-sécuritaire syrien» qui a régné durant près de 30 ans sur le Liban. Ils ont estimé que les méthodes de ce système sont parfaitement lisibles dans la déclaration «fracassante» tenue par l’ancien vice-président syrien Abdel Halim Khaddam, réfugié à Paris depuis plusieurs mois.
Ce dernier a dénoncé depuis la capitale française la responsabilité du pouvoir syrien dans l’assassinat l’année dernière de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri. Les évêques libanais disent leur souhait que les deux pays instaurent entre eux «des relations saines» basées sur le respect réciproque, rapporte jeudi le quotidien «L’Orient-Le Jour».
L’Assemblée des évêques maronites, qui siégeait sous la présidence du patriarche, le cardinal Nasrallah Sfeir, affirme que la série d’attentats et d’assassinats qui s’est produite au Liban durant l’année écoulée «fait peser un climat de peur et de méfiance qui doit porter les autorités libanaises, quelles qu’elles soient, à faire de leur mieux pour dissiper un climat malsain au possible, en particulier sur le plan économique».
Ils relèvent que la situation économique et sociale et le recul de l’emploi au Liban requièrent «une solution sérieuse». Les évêques pensent toutefois qu’un tel règlement «reste hypothétique tant que la situation de la sécurité n’incite pas à la tranquillité de l’esprit, et tant que ce n’est pas la compétence qui prévaut dans le secteur public, mais la détestable allégeance».
Au Liban, l’application de la règle de la majorité porte atteinte à la coexistence
Dans son message pour la Noël arménienne – qui se tient selon le calendrier arménien le 6 janvier – le catholicos Aram Ier, chef de la communauté arménienne orthodoxe du Liban, souligne pour sa part que dans ce pays à majorité musulmane, l’application de la règle de la majorité «porte atteinte à la coexistence». Aram 1er relève que dans un pays au régime politique aussi spécial que celui du Liban, «la démocratie ne peut être opposée à la convivialité, comme principe de gouvernement». Ainsi, a-t-il poursuivi, la règle démocratique de la majorité et de la minorité ne peut être appliquée au Liban, «en tout cas pas à la lettre».
Après avoir rappelé que les attentats répétés qui ont ensanglanté le pays ont plongé le Liban «dans une mer de contradictions et de différends», le catholicos Aram Ier affirme que parmi les devoirs les plus fondamentaux et les plus élevés, figure, pour tout peuple, «la préservation de la patrie, au besoin par le sacrifice de la vie». Il a fait alors référence à «l’amère expérience» du peuple arménien au cours de sa longue histoire comme aussi l’expérience du Liban au cours des trente dernières années.
Le chef de l’Eglise arménienne orthodoxe a insisté pour dire que le Liban est «la patrie de la coexistence, de la convivialité entre différentes communautés», qui n’est pas un phénomène superficiel. «Ce n’est pas une simple pratique religieuse ou politique. La coexistence, la convivialité ont marqué l’histoire du Liban et son identité et sont devenues le symbole même de la réalité libanaise. (.). C’est pourquoi toute atteinte à la convivialité est un coup porté aux fondements même du Liban.» (apic/orj/be)



