Les Libanais doivent mettre de côté leurs inimitiés politiques

Liban: Les évêques maronites condamnent les campagnes contre le patriarche Sfeir

Beyrouth, 22 janvier 2008 (Apic) Les évêques maronites du Liban ont condamné les campagnes visant le patriarche Nasrallah Sfeir. Réunis durant le week-end à Bkerké, au siège du patriarcat maronite, ils ont apporté leur soutien au cardinal Sfeir, cible d’attaques verbales au cours des derniers jours.

Les adversaires chrétiens du patriarche l’accusent d’être «au service de l’ambassade américaine et française». Allié du général Michel Aoun, chef du Courant Patriotique Libre, l’ancien ministre Sleimane Frangié, un chrétien maronite, a violemment attaqué le patriarche Sfeir la semaine dernière. Depuis, de nombreuses délégations se sont rendues au siège du patriarcat, à Bkerké, près de Beyrouth, pour exprimer leur solidarité avec le patriarche maronite et dénoncer les propos de l’ancien ministre

Les évêques maronites, réunis sous l’égide de leur patriarche et en présence du patriarche arménien-catholique Nersès Bedros XIX, ont condamné les campagnes visant le patriarche Sfeir. Ils exhortent les Libanais à mettre de côté leurs inimitiés politiques et à revitaliser leurs institutions menacées d’anéantissement, rapporte le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour».

«La situation dramatique à laquelle le Liban est parvenu et qui touche toutes ses institutions, qu’elles soient officielles ou de la société, a de quoi susciter l’inquiétude. Cela exige de tous les Libanais, quelles que soient leurs affiliations politiques, qu’ils se décident à réfléchir sur leur état présent et en prennent conscience avec sagesse et pondération», déclarent les prélats maronites. Ils disent craindre que les événements qui se déroulent au Liban ne finissent par anéantir ses institutions constitutionnelles, sociales et religieuses. «Cela impose à tous les Libanais de revenir à leur authenticité et à serrer leurs rangs pour sauver le pays des périls qui le menacent «.

Ils relèvent également que la crise économique s’aggrave suite à la crise politique persistante qui secoue le Pays des Cèdres. L’Eglise maronite lance un appel aux responsables politiques afin qu’ils revitalisent dans les plus brefs délais les institutions constitutionnelles, «à commencer par l’élection d’un nouveau président de la République, la formation d’un gouvernement d’union nationale et la mise au point d’un accord sur une loi électorale juste garantissant une représentation authentique pour tous».

Rappelons que dimanche, le président du parlement libanais Nabih Berri a une nouvelle fois reporté dimanche une session visant à élire le prochain président du Liban pour succéder à Emile Lahoud, dont le siège est vacant depuis le 23 novembre. La réunion, qui aurait dû se tenir lundi, a été reportée – pour la 14ème fois! – au 11 février prochain. (apic/orj/be)

22 janvier 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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