Liban: Les évêques maronites dénoncent le «discours confessionnel» du Premier ministre
Rafic Hariri surpris de la réaction du camp chrétien
Beyrouth, 7 mars 2002 (APIC) L’Assemblée des évêques maronites, dans un communiqué publié jeudi par la presse libanaise, a dénoncé le «discours confessionnel» du Premier ministre libanais Rafic Hariri. Le chef du gouvernement libanais, surpris par la réaction du camp chrétien, prône l’apaisement.
Les évêques se sont déclarés «surpris» que l’on fasse assumer aux chrétiens, sous une forme ou une autre, la responsabilité de la mauvaise situation économique du Liban, comme l’avait laissé entendre le chef du gouvernement lundi soir à la télévision.
Selon des sources proches du Premier ministre, Hariri a été «extrêmement surpris» par la teneur et le ton du communiqué, d’autant plus qu’il avait pris contact le matin avec le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, avec qui il a eu des échanges «positifs», rapporte jeudi le quotidien libanais francophone «L’Orient-Le Jour». Hariri avait envoyé mardi à Bkerké, siège du patriarcat maronite, Daoud Sayegh, un de ses conseillers, pour expliquer au chef de l’Eglise maronite les raisons pour lesquelles il avait, au cours de son interview télévisée, reproché à une partie des chrétiens d’entretenir un climat négatif dans le pays.
Ne pas chercher à détourner l’attention
L’Assemblée des évêques, réunie mercredi 6 mars sous la présidence du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, considère que ce type de discours confessionnel peut conduire à la discorde. La situation économique difficile a conduit certaines catégories de Libanais de toutes les communautés à réclamer, «par le moyens de grèves et de manifestations mémorables, ce qu’ils considèrent comme leurs droits», constatent les évêques.
Les évêques maronites estiment qu’il est vain, pour les responsables, de tenter d’en détourner l’attention, alors que la plupart des Libanais en ressentent les effets dans leur vie quotidienne et leurs besoins essentiels. «Plus grave cependant, poursuivent-ils, est la tentative d’en faire assumer la responsabilité à une fraction de Libanais, et pas à une autre. Il s’agit là d’un discours confessionnel qui peut conduire, à Dieu ne plaise, à une grave discorde.»
Après la visite de Bachar el-Assad, les évêques réclament la pleine souveraineté du Liban
Après avoir salué la visite au Liban du président de la République syrienne Bachar el-Assad, dimanche dernier, les évêques maronites, soulignent que cette visite, «en dépit de son cachet officiel», ne restitue pas au Liban pas ce que réclame la majorité du peuple: la souveraineté et l’indépendance nationale.
Les évêques insistent sur l’autonomie de décision du Liban et réclament la correction du déséquilibre existant dans les rapports entre le Liban et la Syrie. Le puissant voisin n’a pas encore retiré ses troupes qui stationnent au Liban depuis plus d’un quart de siècle, ne respectant pas la clause de l’accord de Taëf relative au redéploiement de l’armée syrienne. Les évêques maronites espèrent que la visite du président syrien est «un préambule à la réalisation de ces demandes.» (apic/orj/be)



