Pour le cardinal Nasrallah Sfeir, après les Israéliens, les Syriens

Liban: Les Libanais doivent se mobiliser pour le départ des Syriens, affirme le patriarche

Beyrouth, 27 août 2000 (APIC) Alors que les bureaux de vote se sont ouverts dimanche au Liban «dans une ambiance quasi délétère» après une campagne électorale marquée davantage par l’interventionnisme syrien, l’argent, les coups bas, les menaces et les insultes que par le débat politique, le patriarche maronite Nasrallah Pierre Sfeir a une nouvelle fois invité les Syriens à quitter le Liban.

«Tous les Libanais doivent se mobiliser pour le départ des Syriens du Liban», estime le cardinal Sfeir. Dans une interview accordée à l’hebdomadaire libanais «Magazine», Mgr Sfeir a estimé qu’il est temps d’aborder le sujet du retrait syrien après vingt-cinq ans de présence syrienne au Liban.

«Jusqu’ici, on avait dit qu’avant le départ des Israéliens du Liban-Sud, on ne pouvait évoquer le sujet. Maintenant, je crois qu’il est temps d’aborder la question après vingt-cinq ans de présence syrienne au Liban. Réclamer son indépendance, sa souveraineté est un droit, ce n’est pas une aberration. (…) De la même manière que les Israéliens se sont retirés grâce à l’accord de tous les Libanais, tous les Libanais doivent se mobiliser pour le départ des Syriens», a-t-il souligné.

Près de 1,3 million d’électeurs étaient – théoriquement, car on s’attend à un fort taux d’abstentions, plusieurs partis ayant appelé au boycott des urnes – appelés dimanche aux urnes au Mont-Liban et au Liban-Nord pour élire, parmi 283 candidats, 63 des 128 députés de la Chambre. La seconde phase des législatives doit se poursuivre le 3 septembre dans les autres régions du pays.

Lynchage médiatique des opposants

Le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour» relève que la campagne, qui s’est déroulée dans un climat «quasi délétère», s’est caractérisé davantage par les insultes et les menaces que par la confrontation à coups de programmes électoraux. «Sous prétexte de se défendre contre les attaques de leurs adversaires, les dirigeants qui, il y a moins de deux ans, se targuaient de vouloir ’changer’ les pratiques politiques et se posaient en champions de l’Etat de droit, n’ont pas hésité à confondre les services de l’Etat avec leurs personnes. Ainsi, les services parallèles, Télé-Liban et les diverses administrations ont été mobilisés pour servir les candidats du pouvoir et lyncher médiatiquement les opposants.» (apic/orj/be)

27 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!