400’000 chrétiens attendent toujours de rentrer chez eux

Liban: Les réfugiés chrétiens paient-ils le prix des désaccords politiques ?

Beyrouth, 22 juillet 1998 (APIC) Huit ans après la fin de la guerre au Liban quelque 400’000 réfugiés libanais, chrétiens pour la plupart, attendent toujours de pouvoir rentrer chez eux. 15% seulement des exilés sont retournés dans leurs villages d’origine. La question du retour reste toujours au centre du conflit politique entre Walid Joumblatt, ministre des Affaires pour les réfugiés, et le Premier ministre libanais Rafic Hariri, responsable de la «Caisse centrale pour les réfugiés».

Un «Congrès national pour appuyer le retour des réfugiés» organisé début juillet par Joumblatt (druse) et par le Parti phalangiste (chrétien), à Beitedinne, dans le Chouf, avait suscité les meilleurs espoirs. Le retour autour d’une même table des deux groupes antagonistes laissait espérer une solution rapide au drame des 400.000 réfugiés qui, depuis 1983, ne peuvent rentrer chez eux. Le Congrès a rassemblé presque toutes les formations chrétiennes, les chefs de nombreux autres partis et mouvements, des ministres, des députés ainsi que des représentants des Eglises et des mouvements caritatifs. Malheureusement l’espoir a fait long feu.

Aux conflits politiques et confessionnels s’ajoutent depuis la fin de la guerre, des questions économiques et financières. Les subventions gouvernementales sont trop faibles pour permettre la reconstruction des maisons. En outre elles sont rarement distribuées de manière équitable, chaque groupe accusant l’autre de détournement de fonds.

Dès l’ouverture du Congrès, Joumblatt s’est ainsi lancé avec sarcasme dans une diatribe contre le Premier ministre Hariri, accusé de blocus et de gaspillage des fonds de la «Caisse centrale pour les réfugiés». Le dirigeant druse est parvenu à faire adopter une demande visant à faire passer la Caisse sous l’autorité de son ministère.

La réponse de Rafic Hariri ne s’est pas faite attendre. Dans un communiqué, il a accusé Joumblatt d’être l’un des responsables directs de l’exode de nombreux réfugiéés; d’avoir utilisé les fonds de la Caisse «pour récompenser ses partisans et pour punir ses adversaires», et de s’être emparé comme «butin de guerre» de l’ancien Palais de Beiteddine, qui lui sert de résidence d’été.

Au-delà de ces joutes politiques, les chrétiens restent très préoccupés. Certes, après des années d’oubli, la Caisse a annoncé la reprise des paiements en faveur de plusieurs villages en donnant la priorité aux chrétiens. Mais cette mesure risque de susciter les jalousies des Druses. Le vendredi 17 juillet, les partisans de Joumblatt ont organisé une grève à Aley, pour protester contre les contrôles effectués par la Caisse dans le seul quartier chrétien de la ville, accusant Hariri de politiser les indemnisations et de privilégier une partie par rapport à l’autre. (apic/fides/mp)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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