L’importance et la richesse de la religiosité populaire
Liban: Les reliques de Thérèse de Lisieux quittent le Pays des Cèdres le 29 septembre
Liban, 20 septembre 2002, (APIC) Les reliques de sainte Thérèse de Lisieux quittent le Liban dimanche 29 septembre, après avoir attiré les foules. Arrivés dans ce pays depuis près d’un mois, ces objets saints alimentent de plus en plus le débat au «Pays des Cèdres» sur l’importance et la richesse de la religiosité populaire. Le quotidien francophone libanais «L’Orient-Le Jour» s’en fait l’écho dans sa dernière édition.
Arrivées le 1er septembre 2002, les reliques de Thérèse de Lisieux vont quitter le sol libanais le dimanche 29 septembre prochain par l’étape du couvent Sainte-Thérèse, à Deir Beechtar. Au final, 14 couvents, hôpital ou lieux de vénération dans tout le Liban auront accueilli ces reliques avec des étapes d’une moyenne de deux jours.
Depuis 1994 Thérèse de Lisieux parcourt le monde entier. «A travers ses pauvres restes mortels se manifestent sa présence active et l’extraordinaire rayonnement de son message», confient les responsables du Sanctuaire de Lisieux, en Normandie. «Cette pérégrination de ses reliques dans les cinq continents constitue en soi un événement mondial sans précédent. Thérèse fait le tour du monde.» Après le Liban, les reliques de la sainte sont attendues dans les communautés chrétiennes d’Egypte, et quand la conjoncture politique le permettra, elles iront en Terre Sainte. Le calendrier pour 2003 comprend déjà la visite programmée des îles Maurice, de La Réunion, des Seychelles, puis des diocèses d’Ecosse et d’Espagne.
Ferveur et des dévotions populaires
Le périple des reliques de la petite Thérèse au Liban a été marqué par des nuits de ferveur et des dévotions populaires suivies par des foules innombrables. Le grand reliquaire de sainte Thérèse circule à travers le monde depuis 1994 et a déjà tourné dans une vingtaine de pays. Partout, il a attiré à sa dévotion des millions de pèlerins. Ces pratiques alimentent le débats sur l’importance et la richesse de la religiosité populaire.
Certains théologiens affirment qu’il faut se «débarrasser» de ces pratiques religieuses qui relèvent de la superstition. Argument réfuté par le cardinal Jorge Arturo Medina Estévez, préfet de la Congrégation romaine pour le culte divin et la discipline des sacrements, pour qui la dévotion populaire enrichit la foi des croyants.
La religiosité populaire, explique-t-il, est un fait qui a accompagné la vie de l’Eglise au cours des siècles. Ces pratiques sont caractérisées par des expressions, gestes, attitudes qui expriment une relation personnelle avec Dieu. Le préfet de la Congrégation pour le culte divin voit dans la «piété populaire» une véritable «expression de la foi».
Un appauvrissement mortel pour la vie chrétienne
Les éléments «sensibles», «corporels», «visibles» qui caractérisent la piété populaire sont le signe du désir intérieur des fidèles de dire leur adhésion au Christ, à l’amour de la Vierge Marie et l’invocation des saints, a-t-il relevé. Lorsqu’une attitude de purisme liturgique tend à effacer les expressions de la religiosité populaire, cela implique un appauvrissement mortel pour la vie chrétienne, insiste-t-il.
Selon Mgr Francesco Pio Tamburrino, secrétaire de la Congrégation romaine pour le culte divin, il faut faire la distinction entre la superstition qui pense que l’objet matériel a un pouvoir intrinsèque capable d’écraser les forces contraires, et la foi sur les objets de la dévotion populaire qui renvoient à la rencontre avec le Christ.
La carmélite française Thérèse de Lisieux est décédée des suites de la tuberculose, en 1897, à l’âge de 24 ans. Toute sa vie, elle portait toujours sur elle un flacon d’eau bénite. Canonisée en 1925, Thérèse de Lisieux a été déclarée docteur de l’Eglise en 1997. (apic/orj/mmm)



