Le cardinal Sfeir, porte-drapeau de la souveraineté nationale
Liban: Mgr Haddad dénonce les campagnes de dénigrement contre le patriarche maronite
Beyrouth, 30 mars 2001 (APIC) Le retour triomphal du patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, de sa tournée de 42 jours en Amérique du Nord, a suscité l’hostilité de dignitaires musulmans de la région du Akkar, au nord du Liban. L’évêque grec-catholique de Zahlé, Mgr André Haddad, dénonçant les «campagnes de dénigrement lancées contre le patriarche maronite», a souhaité que l’Etat libanais «mette un terme à de telles attaques, notamment celles émanant des gens du Akkar».
Le patriarche Sfeir, désormais perçu comme le porte-étendard de la lutte pour la souveraineté nationale et contre la tutelle syrienne, a été accueilli mardi par 100 à 200’000 personnes qui l’ont ovationné le long de la route menant au siège patriarcal de Bkerké, au nord de Beyrouth. Des cheikhs du Akkar ont cependant qualifié d’»irresponsables» les discours politiques du chef de l’Eglise maronite. Au cours de son voyage au Etats-Unis et au Canada, le patriarche Sfeir a dénoncé à chaque occasion la tutelle de la Syrie sur le Liban.
«Revendiquer l’indépendance est un droit légitime pour tous»
«Revendiquer l’indépendance est un droit légitime pour tous, et si c’est cela être extrémiste, alors je suis un extrémiste», avait-il lancé lors de son périple nord-américain, durant lequel il a plaidé pour la non violence. A son retour, le message a été reçu cinq sur cinq. Des milliers de manifestants du courant aouniste – partisans du général Aoun réfugié en France -, des militants des Forces libanaises, des Kataëb et du PNL (Parti national libéral) scandaient d’une seule voix: «Syrie, dehors !». Ces manifestations d’hostilité à la présence syrienne ont provoqué des remous dans certains milieux libanais pro-syriens, qui ont appelé à «contrer le prêtre de Bkerké», accusé de vouloir dissocier le Liban de son environnement arabe.
Visant les critiques du patriarche, Mgr André Haddad a estimé que le parquet libanais «devrait lancer des poursuites contre ces gens». Il a invité au dialogue avec le patriarche Sfeir «qui représente une grande frange de la population libanaise». Pour l’évêque grec-catholique de Zahlé, le cardinal Sfeir souhaite seulement régulariser les relations libano-syriennes «afin de sauvegarder l’intégrité du Liban, sa souveraineté et son indépendance», rapporte vendredi le quotidien libanais «L’Orient-Le Jour».
Large soutient politique à la position du patriarche maronite
Mgr Haddad considère qu’»aucun Libanais, qu’il soit musulman ou chrétien, ne peut contrarier le patriarche lorsqu’il appelle à l’indépendance et à la souveraineté du Liban». Le siège patriarcal de Bkerké, où le cardinal tient audience, ne désemplit plus depuis le retour du chef de l’Eglise maronite de sa tournée en Amérique du Nord, de nombreuses personnalités politiques venant appuyer ses positions sur la souveraineté nationale du Liban.
Ainsi le ministre libanais de l’Industrie, Georges Frem, a relevé que la manifestation populaire spontanée qui a accompagné le retour du patriarche a prouvé que ses positions concernant la souveraineté, l’indépendance et la libre décision «font l’unanimité chez les Libanais, tant implicitement qu’explicitement». Georges Frem a affirmé que lors du débat en Conseil des ministres sur les relations libano-syriennes, «le sens national exprimé par Mgr Sfeir dans son discours» sera pris en considération. (apic/orj/be)



