Près d’un tiers des habitants vit en dessous du seuil de pauvreté
Liban: Selon la Caritas, 58 % des Libanais ne bénéficient d’aucune couverture de santé
Beyrouth, 26 février 2004 (Apic) Caritas-Liban, qui lance cette semaine sa campagne de collecte annuelle, révèle que 58 % des Libanais ne bénéficient d’aucune couverture de santé. Communément appelé «la Suisse du Moyen- Orient» avant la guerre qui l’a profondément ravagé, le Liban connaît de graves problèmes sociaux: près d’un tiers des habitants du «pays des cèdres» vit en dessous du seuil de pauvreté.
Comme chaque année à l’entrée du carême, l’association Caritas-Liban lance sa campagne de récolte de fonds. L’occasion pour cette oeuvre d’entraide en charge de la pastorale sociale de l’Eglise catholique au Liban de pointer le doigt sur les carences de la société libanaise, qui s’enfonce toujours davantage dans la crise, à un moment où les financements extérieurs baissent considérablement. Caritas-Liban, qui aide tous les Libanais sans distinction confessionnelle, doit désormais compter sur ses propres ressources, a déclaré au cours d’une conférence de presse son nouveau président, le Père Louis Samaha.
Il était une fois «la Suisse du Moyen-Orient»
Avec la santé, le troisième âge constitue l’un des problèmes majeurs de la société libanaise. Les aides de l’Etat restent limitées et l’assurance vieillesse insuffisante, souligne Caritas-Liban.
Le Gouvernement libanais alloue un budget minime au Ministère de la Santé (3,8% du budget global); 77% de ce budget est utilisé pour régler les dépenses d’hospitalisation des malades démunis, dépourvus de couverture médicale dans les hôpitaux privés. Un budget très restreint est alloué pour les soins de santé primaires et la prévention.
A la lumière de ces réalités, l’accès aux soins de la population la plus défavorisée est très limité, relève Caritas-Liban, qui s’engage avec d’autres ONG à permettre aux malades démunis d’accéder à ce droit primordial qu’est la santé. La région de l’Akkar, la plaine agricole du Liban-Nord, est celle où population est la plus défavorisée, puisque près des deux tiers des gens résidant dans ce caza vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cela concerne tant le niveau de l’habitat, de l’eau, des réseaux sanitaires, que l’éducation et les revenus. Au niveau du pays, la population vivant en dessous du seuil de pauvreté est de 32% seulement.
Le Liban-Nord, la région la plus pauvre
Le Liban-Nord a la population la plus jeune du pays (45,5% ont moins de 20 ans), mais c’est aussi la population la moins éduquée. A Tripoli, 55,5% seulement des gens ont accès à l’éducation alors que la moyenne nationale est de 66%. Le taux d’analphabétisme est de 16,7% (21,2% pour les femmes) au Liban-Nord alors qu’il est de 11,6% en moyenne dans le pays.
Selon les classifications internationales du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Liban se situe dans la catégorie des pays au «développement moyen» classifiés ainsi suivant leur Produit Intérieur Brut (5’000 US$ par an et par personne fin 2000). Les disparités sociales importantes – qui se sont encore élargies dans les années 90 – et l’insuffisance des services publics sont les preuves de cette pauvreté, relève la Fondation René Moawad, une ONG engagée dans le développement économique, social et rural du Liban. (apic/orj/frm/be)



