Pas de sacrifices humains!

Liberia: Candidats à la présidence

Par Ibrahima Cisse, correspondant de l’Apic pour l’Afrique, à Dakar

Monrovia, 10 juillet 2005 (Apic) Gyude Bryant, président par intérim du Liberia, a lancé une mise en garde aux candidats à l’élection présidentielle: Toute personne coupable de sacrifice humain sera exécutée.

Gyude Bryant, président par intérim du Liberia, a mis en garde les candidats à la présidence tentés de vouloir faire des sacrifices humains pour gagner le scrutin. «Vous serez exécutés si vous êtes découverts», a-t- il averti. Une élection présidentielle aura lieu le 11 octobre prochain au Liberia, petit pays anglophone d’Afrique de l’Ouest, ravagé par plus de 15 ans de guerre civile, depuis 1989.

Le sacrifice humain est une pratique courante au Liberia où il n’est pas rare de voir des personnes riches, qui pour optimiser leurs chances dans des joutes électorales ou encore dans les affaires, se livrent à cette pratique.

«Si vous croyez que vous pouvez tuer quelqu’un en toute impunité pour devenir chef d’Etat, président de l’Assemblée ou sénateur, vous vous leurrez», a déclaré le chef de l’Etat intérimaire, lors d’une conférence de presse. Celle-ci faisait suite à une succession de sacrifices humains dans le pays, a rapporté Irin (Réseau Régionale Intégrée de l’Information, une agence de presse de l’Onu).

«Si l’on vous découvre et que l’on apporte la preuve de votre culpabilité, je signerai l’ordre d’exécution sans hésitation, sans état d’âme», a ajouté Gyude Bryant. «Mon peuple, a-t-il poursuivi, ne peut pas continuer à vivre dans la peur»

Le sacrifice humain est connu sous l’appellation de «Gboyo» au Liberia. C’est une pratique ancestrale qui consiste à tuer des personnes. Puis, certaines parties de leur corps doivent être retirées et présentées en offrande pour apporter pouvoir, richesse et succès.

Recrudescence de sacrifices pendant les périodes pré-électorales

Pendant les périodes pré-électorales, on observe fréquemment une recrudescence de ces sacrifices rituels. Gyude Bryant n’est pas le premier président libérien à appliquer la peine de mort à des personnes coupables de sacrifices humains. A la fin des années 70, le président William Tolbert avait signé un ordre d’exécution de plusieurs membres du gouvernement accusés de s’être procurés des parties de corps humains, en vue de se livrer à des rituels Gboyo.

Le phénomène des sacrifices rituels a resurgi en janvier, dans le comté de Maryland (extrême sud-est) d’où est originaire Bryant lui-même. Une horde de jeunes gens furieux armés de bâtons et de barres métalliques s’étaient introduits dans le commissariat de la ville portuaire de Harper pour passer à tabac un groupe de meurtriers présumés placés en détention. Un couvre-feu avait été imposé pendant toute la journée et la Mission des Nations unies au Liberia (MINUL) avait rapidement déployé des casques bleus supplémentaires dans la ville. (apic/ibc/vb)

10 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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