L’ONU estime que c’est une menace pour la fragile paix

Liberia: Le système judiciaire pour mineurs en ruine

Monrovia, 23 septembre 2007 (Apic) La justice des mineurs est en «ruine» au Liberia. L’ONU s’en préoccupe, et estime que c’est une menace pour la fragile paix dans le pays. Il s’agit là, assure l’organisation de la principale menace à la stabilité du pays, quatre ans après la fin de la guerre sanglante qui l’a ravagé pendant 14 ans, rapporte le réseau régional d’information intégrée (IRIN, agence de presse de l’ONU).

Dans les prisons, les enfants détenus pour divers délits attendent toujours d’être jugés. La plupart d’entre eux n’ont même pas vu encore de juge spécialisé dans les crimes et délits commis par des mineurs. A la prison centrale de Monrovia, qui est l’établissement carcéral le plus surpeuplé du pays, 27 des 28 enfants détenus ne sont pas encore jugés.

La prison centrale de Monrovia compte 661 détenus, soit cinq fois plus de prisonniers qu’elle n’est censée en accueillir. Les enfants y sont certes emprisonnés dans des cellules séparées, mais ils sont néanmoins en contact avec des délinquants majeurs lors des heures d’exercice, des repas, et dans les douches.

Dans les régions rurales, la situation est encore plus grave. «Parfois, les mineurs ne sont séparés des adultes que par un banc ou un mur de fortune».

En février, un garçon de 14 ans détenu à la prison de Sanniquelle, dans le comté de Nimba (nord), a déclaré à des responsables de l’ONU que ses co-détenus majeurs lui donnaient de la drogue et de l’alcool, et qu’il était forcé de travailler pour eux.

«Personne ne sait combien d’enfants détenus dans les prisons du Liberia sont innocents. Les incarcérer à cause de la lenteur du système justice est contre-productif et les rend même plus susceptibles d’enfreindre la loi à leur sortie de prison», déclare à IRIN, Kitty van Gagnide, responsable de la protection de l’enfance au sein de la division des droits humains de la MINUL (Mission des Nations Unies au Liberia).

En attendant qu’une solution soit trouvée à cette situation, l’UNICEF et une Organisation non gouvernementale américaine, «ABA» (American bar association) mènent côte à côte un travail d’identification, de suivi et de contrôle des progrès des enfants prisonniers. Leur priorité première est de faire en sorte que des programmes de réinsertion se substituent à la détention.

Le Liberia manque aussi cruellement de foyers de réinsertion sociale pour ces adolescents détenus. Il n’existe qu’un seul centre de genre. Implanté dans le quartier de Don Bosco, à Monrovia, la capitale, il ne prend pas en charge le cas des enfants poursuivi pour viol ou meurtre. (apic/ibc/pr)

23 septembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!