Priorité à la réintégration des femmes violées et blessées

Liberia: Une délégation œcuménique témoigne de la lutte des femmes libériennes

Trois ans après la conclusion d’une paix fragile au Liberia, la priorité est à la réintégration des femmes et des jeunes filles victimes de sévices et de viols durant la guerre, constate une délégation œcuménique de cinq femmes, qui a parcouru le pays d’Afrique occidentale entre le 26 juillet et le 5 août. L’équipe internationale a rencontré des membres de la Commission nationale des femmes du Liberia (NAWOCOL) qui évoquent la mise sur pied d’un service de consultation destiné aux femmes traumatisées et blessées.

Deux Genevoises, Hélène Yinda, de l’Alliance mondiale des Unions chrétiennes féminines (UCF) et Karin Achtelstetter, du Conseil œcuménique des Eglises (COE), une Ougandaise, Jessica Babihuga Nkuuhe, d’ISIS, une Zimbabwéenne, Lilian Chirombe, de l’Alliance mondiale des UCF ainsi qu’une Américaine, Ashley Seaman, membre du COE pour l’Eglise presbytérienne, se sont informées sur place de la situation des femmes et des enfants au Liberia. Elles ont recueillies le témoignage des groupes de femmes réunies sous l’égide de la NAWOCOL.

La NAWOCOl qui chapeaute 105 organisations féminines libériennes a été fondée en 1991, pendant la première phase de la guerre, pour coordonner les initiatives d’auto-assistance et la défense des intérêts des femmes. La NAWOCOL ambitionne de financer elle même ses projets et de ne plus recourir au soutien d’organisations comme l’UNICEF Par de «micro crédits», elle soutient les projets agricoles ou de petit artisanat. Le projet AWAG de service de conseils aux femmes et aux jeunes filles traumatisées par les mauvais traitements et les viols s’attaque à présent aux conséquences à long terme du conflit..

Solidarité entre femmes

>, dit Pearl, animatrice du projet NAVOCOL. «Pendant la guerre, nous avons dû nous débrouiller seules. Nos maris étaient recrutés de force, ou se cachaient dans des caves et des galetas pour ne pas devoir combattre. Nous avons appris à compter sur nos seules ressources», ajoute-t-elle.

Les conseils destinés à aider les femmes à surmonter leurs expériences traumatisantes sont particulièrement nécessaires. « Nous avons amené ces jeunes filles et ces femmes à surmonter dans une certaine mesure ce qu’elles ont vécu. Maintenant, nous devons les aider à prendre un nouveau départ dans la vie. >>, explique encore Pearl. Le chemin qui mène à cette nouvelle vie est loin d’être facile.

15 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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