Hong Kong: Le Saint-Siège a discrètement installé son nouveau représentant officieux en Chine
Lien entre le Saint-Siège et les diocèses de Chine continentale
Rome, 2 mars 2010 (Apic) Le Saint-Siège a récemment nommé, en toute discrétion, son nouveau représentant officieux en Chine, le prélat croate Ante Jozic, a appris l’agence I.MEDIA à Rome. Ce membre de la diplomatie pontificale, jusqu’alors en poste en Russie, est officiellement conseiller de nonciature aux Philippines mais réside en fait à Hong Kong où il sert de lien entre le Saint-Siège et les diocèses de République populaire de Chine. Les relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège sont rompues depuis 1951.
Le 13 février dernier, le Saint-Siège annonçait la nomination par Benoît XVI d’un nouveau nonce apostolique à Madagascar, le prélat irlandais Mgr Eugene Martin Nugent. Jusqu’alors, celui-ci était officiellement présenté par le Saint-Siège comme le «conseiller culturel» de la nonciature apostolique aux Philippines. Pourtant, le diplomate résidait depuis sa nomination en 2001 à plus de 1’100 kilomètres de là, dans l’ancienne colonie britannique Hong Kong. Pour les autorités chinoises, il y est officiellement présenté comme le chef de la «mission d’études» du Saint-Siège.
En septembre 2009, Mgr Nugent avait été rejoint à Hong Kong par celui qui allait être appelé à lui succéder en toute discrétion, le Croate Ante Jozic. Né en 1967, Ante Jozic est originaire du diocèse de Split. Il est entré à l’Académie ecclésiastique, ›l’école des nonces’, en 1995. Avant de rejoindre Hong Kong il a successivement travaillé à la nonciature en Inde puis à Moscou comme conseiller du nonce.
Dans l’Annuaire pontifical 2010, qui sera mis en vente mi-mars, Mgr Ante Jozic apparaît officiellement à son tour comme «conseiller» de la nonciature à Manille, aux Philippines. Le titre de «conseiller culturel», apparu dès le début des années 1990, a cependant disparu.
Une nonciature qui ne dit pas son nom
La ›mission d’études’ du Saint-Siège à Hong Kong est une nonciature qui ne dit pas son nom du fait de l’absence de relations diplomatiques entre le Saint-Siège et Pékin. Elle a été créée à la fin des années 1980, alors que le territoire était encore sous protectorat britannique. Parmi les premiers responsables se trouvent le Français Jean-Paul Gobel, de 1989 à 1992, et l’Italien Fernando Filoni jusque début 2001. Envoyé en Irak, Mgr Filoni a alors été remplacé par l’Irlandais Eugene Martin Nugent qui venait pour sa part de Jérusalem. En 9 ans, celui-ci n’a pu se rendre qu’une seule fois en République populaire de Chine, en 2003. En 2004, il s’est vu refuser un visa d’entrée à deux reprises.
Contrairement aux autres postes de conseiller de nonciature à travers le monde, celui-ci – en raison des dossiers particulièrement délicats qui sont traités – jouit d’une certaine longévité. Le responsable de la ›mission d’études’ du Saint-Siège à Hong Kong est en effet particulièrement chargé d’étudier les nominations d’évêques. Son existence, reconnaît-on au Vatican, n’est pas inconnue des autorités de Pékin.
Les relations diplomatiques entre la République populaire de Chine et le Saint-Siège sont rompues depuis 1951, deux ans après la prise du pouvoir par les communistes. La rupture des relations que le Saint-Siège entretient avec Taiwan ainsi que le droit des autorités chinoises à contrôler les activités de l’Eglise sur leur territoire sont les deux conditions posées par Pékin en préalable à un rétablissement des relations diplomatiques avec le Vatican. (apic/imedia/ami/be)



