Berne : Alliance Sud propose des mesures de régulation concernant la spéculation sur les denrées alimentaires
« Limiter la spéculation sur les denrées alimentaires à la spéculation utile ! »
Berne, 2 mars 2014 (Apic) Depuis le début du millénaire, les prix des denrées alimentaires ont doublé. Ils s’accompagnent de grandes variations des prix et d’émeutes de la faim. Les raisons sont, entre autres, à rechercher dans une spéculation excessive sur les denrées alimentaires. Se basant sur une étude, la coalition des œuvres d’entraide Alliance Sud propose plusieurs mesures de régulation afin de garantir l’alimentation de tous les êtres humains. Fin mars, les Jeunes socialistes vont déposer l’initiative populaire contre la spéculation sur les denrées alimentaires. Cette année, le Conseil fédéral va aussi soumettre au Parlement la loi sur l’infrastructure du marché financier, qui concerne aussi le problème.
« Comme le montre une étude réalisée par l’économiste et journaliste Markus Mugglin, sur mandat d’Alliance Sud, en Suisse dominent encore des positions qui écartent et banalisent le problème, aussi bien auprès du gouvernement que des associations économiques », relève Alliance Sud dans un communiqué publié le 2 mars 2013.
L’étude de Mugglin montre cependant que les partisans de la spéculation tiennent peu compte des arguments et des faits amenés par ses pourfendeurs. « Le fait est que jusqu’à la fin des années 1990, les affaires financières d’assurance entre les producteurs et les transformateurs de matières premières étaient très régulés, ce qui limitait le volume du capital engagé à des fins spéculatives », poursuit le texte.
« C’était l’époque de la spéculation «utile». Après la déréglementation, de nouveaux acteurs du marché financier se sont engouffrés dans la spéculation sur les matières premières avec des moyens exorbitants. Le volume des dérivés s’est multiplié et le lien avec la base réelle des matières premières négociées s’est perdu », indique la coalition des œuvres d’entraide. Pour Alliance Sud, la re-régulation de la spéculation sur les denrées alimentaires constitue l’une des nombreuses mesures nécessaires pour garantir l’alimentation de tous les êtres humains.
Mesures de régulation
L’étude de Mugglin discute et met en évidence plusieurs mesures de régulation. Alliance Sud considère les quatre suivantes comme prioritaires:
1. Le commerce des dérivés extra-boursiers doit se faire sans exception à travers des centres d’information.
2. Les spéculateurs doivent être soumis à des limites de position – le négoce pour chaque matière première doit être plafonné.
3. Le commerce à haute fréquence avec les dérivés devrait être au moins limité, sinon interdit.
4. Comme avec les actions, à partir d’un certain niveau le négoce devrait être interrompu par les plate- formes commerciales. De plus, il convient d’examiner l’introduction d’une taxe sur les transactions.
Les Etats-Unis et l’UE ont repris certains de ces points dans leur régulation du négoce des dérivés. Le Conseil fédéral veut s’adapter à la législation de l’UE, mais seulement en partie. La branche, en effet, veut se contenter de moins. Finalement le Conseil fédéral veut miser sur l’autorégulation, selon une mauvaise habitude nationale. Il revient donc au Parlement d’introduire des règles dans le projet de loi, qui aident à empêcher la spéculation nocive sur les denrées alimentaires. La manière dont il va le faire sera décisive pour savoir si l’initiative des Jeunes socialistes sera soumise au peuple en 2016 et quelles forces vont la soutenir. (apic/com/cw)



