Des millions de pèlerins sont venus du monde entier passer la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre | © Bernard Hallet
Vatican

L’Italie et le Vatican dressent leur bilan du Jubilé 2025

«Le monde entier est venu à Rome», s’est réjoui Mgr Rino Fisichella, pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation et organisateur du Jubilé 2025. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse organisée au Bureau de presse du Saint-Siège le 5 janvier 2026.

Avec le maire et le préfet de Rome ainsi que le président de la région Latium et un représentant du gouvernement, ils ont dressé leur bilan de cette Année sainte qui a attiré à Rome plus de 33 millions de pèlerins provenant de plus de 180 pays.

Le Vatican a fourni une estimation de 33’475’369 pèlerins ayant officiellement participé aux différents événements du Jubilé 2025. Mgr Fisichella a expliqué que ce chiffre tenait compte des inscriptions officielles et des passages sous les portes saintes, mais certains soulignent que ces données sont à considérer avec une marge d’erreur.

Des chiffres supérieurs aux prévisions

Néanmoins, l’affluence a été massive. Le démarrage avait pourtant été plutôt timide l’hiver dernier, dans un contexte rendu difficile par la maladie et l’hospitalisation du pape François. Toutefois, la période du 24 mars au 8 mai 2025, marquée par le retour du pape François au Vatican puis sa mort, le conclave et l’élection de Léon XIV, a vu affluer 3,5 millions de pèlerins.

Les données présentées par Mgr Fisichella ont montré qu’un bond très spectaculaire a été observé ensuite, avec 13 millions de pèlerins supplémentaires durant l’été. Le Jubilé des jeunes a naturellement constitué un pic de fréquentation, avec plus d’un million de participants lors du week-end final sur le campus de Tor Vergata.

La fréquentation est restée importante durant l’automne et l’hiver, jusqu’à atteindre plus de 33 millions de pèlerins en cumul annuel. Ce chiffre est donc supérieur aux prévisions initiales qui tablaient sur 31,7 millions de pèlerins. Des données sur leur provenance ont également été présentées. L’Italie est naturellement le pays le plus représenté avec plus de 36% des pèlerins, devant les États-Unis et l’Espagne. La France n’apparaît qu’en 10ème position, derrière la Chine et le Mexique.

Un bilan positif pour l’économie?

Le bilan économique de cette Année sainte n’a pas encore été établi, mais «le Jubilé n’a pas été un investissement à perte», a assuré Mgr Fisichella. Le maire de Rome, Roberto Gualtieri, qui était aussi le commissaire du gouvernement pour le Jubilé, a expliqué que la dotation gouvernementale de 1,7 milliard d’euros pour soutenir l’aménagement de la capitale italienne avait été utilisée avec efficacité.

Ainsi, 110 des 117 chantiers prévus initialement dans le cadre du Jubilé ont été achevés, ce qui représente un taux honorable compte tenu des lourdeurs habituelles de l’administration italienne. «Le retard initial dans la préparation a été rattrapé», a expliqué Roberto Gualtieri, en précisant que plus de 100 institutions ont été impliquées dans le comité de suivi.

Le maire de Rome, qui a été reçu par Léon XIV le 4 janvier en audience privée, a assuré que ce jubilé laissera un «héritage très positif pour la ville», au bénéfice des habitants, des pèlerins qui continueront à venir, et des touristes qui ont continué à affluer massivement au cours de l’année écoulée. Il a assuré que cette année avait marqué un rebond de dynamisme pour Rome après «une période de stagnation voire de déclin».

La «méthode jubilaire» pour surmonter les divergences politiques

Alfredo Mantovano, sous-secrétaire d’État au sein du gouvernement de Giorgia Meloni, a assuré avec humour que la «méthode jubilaire» devrait faire l’objet d’un «brevet» comme modèle de dépassement des habituelles lourdeurs bureaucratiques ou partisanes.

Il a par exemple expliqué que le chantier du tunnel de la Piazza Pia – un axe qui a permis de désengorger la circulation près du Vatican – avait été mené avec une efficacité exemplaire, les découvertes archéologiques n’ayant retardé les travaux que d’une dizaine de jours. Compte tenu des vestiges présents dans le sol de Rome, certains chantiers à Rome sont parfois suspendus durant plusieurs années, voire définitivement interrompus.

Cap sur 2033

Sur un plan spirituel, Mgr Fisichella a remarqué qu’une forte augmentation des demandes de confessions dans les églises romaines a été observée, et que certains lieux de pèlerinage, comme la ›Scala Santa’, près de la cathédrale Saint-Jean-de-Latran, ont connu un niveau de fréquentation inédit jusqu’alors.

Le cap est désormais mis sur la prochaine Année sainte qui sera organisée en 2033, jubilé de la Rédemption, 2000 ans après la mort et la résurrection du Christ. Le maire de Rome a toutefois estimé que sept ans avant ce nouvel événement, il serait prématuré de parler de projets spécifiquement liés à cette perspective, même si l’idée d’un «tunnel sous la Via della Conciliazione» est étudiée.

Mgr Fisichella a assuré que ce Jubilé 2025 constituait une forme de «propédeutique» en vue du Jubilé 2033. Il reviendra toutefois au pape d’en préciser les contours, a-t-il glissé.

Comment se déroulera la clôture du jubilé à Saint-Pierre?

Le 28e jubilé de l’histoire de l’Église catholique arrive donc à sa conclusion. Le 6 janvier 2026, Léon XIV doit fermer la dernière «porte sainte» et la plus symbolique, celle de la basilique Saint-Pierre. En fin de journée, le 5 janvier, la porte de bronze sera franchie par les ultimes pèlerins de cette Année sainte qui a drainé plus de 33 millions de personnes à Rome, selon les statistiques officielles. L’agence I.MEDIA détaille le déroulement de la célébration qui mettra fin à ce jubilé particulier de 379 jours, ouvert par un pape et conclu par un autre.

Le pape François, qui a inauguré l’année jubilaire le 24 décembre 2024, a voulu que cinq «portes saintes» soient ouvertes: quatre dans les grandes basiliques romaines (Saint-Pierre, Saint-Jean-de-Latran, Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-Murs) et une dans la prison de Rebibbia. Comme le veut la coutume, en franchissant ces portes saintes pendant leur démarche de pèlerinage, les fidèles posent un geste de rencontre spirituelle avec le Christ et reçoivent une «indulgence» – selon la foi catholique, une remise des peines encourues à cause des péchés.

En présence du président italien

Alors que toutes les autres portes ont été refermées ces derniers jours, reste encore celle de Saint-Pierre, la plus importante, qui marque le lancement des jubilés depuis l’an 1500. Sous les caméras de télévision, les derniers pèlerins, constitués d’une délégation de volontaires du jubilé, franchiront cette porte jusqu’à 18h ce 5 janvier, a annoncé le dicastère pour l’Évangélisation, organisateur des événements jubilaires.

Mardi matin 6 janvier, Léon XIV présidera la clôture de ce jubilé. La cérémonie solennelle dans la basilique Saint-Pierre se fera en présence du président italien Sergio Mattarella, signe que l’événement a fortement impliqué le pays, en particulier sa capitale. D’après les chiffres officiels, les Italiens représentent 36% (soit près de 12 millions) du total des pèlerins venus dans la Ville éternelle.

Battants de bronze refermés

Pendant le rite de clôture, le pontife américano-péruvien récitera une prière au «bon Pasteur» qui «garde toujours ouverte la porte de son cœur». «Cette porte sainte se ferme mais pas la porte de ta clémence, car tu soutiens toujours ceux qui vacillent», déclarera Léon XIV, avant de se rendre sur le seuil de la porte où il s’agenouillera et se recueillera en prière.

Puis le 267e pape refermera les deux battants de bronze, gravés de seize panneaux racontant l’histoire de la rédemption de l’homme – depuis le premier péché jusqu’au Christ. Ainsi sera formellement conclu le 28e jubilé de l’histoire de l’Église catholique, qui compte 25 jubilés «ordinaires» et trois «extraordinaires» depuis l’an 1300.

Les clés de la porte sainte à nouveau emmurées

La célébration de conclusion du Jubilé se poursuivra par une messe à l’autel majeur, pour la fête de l’Épiphanie. Cette messe prévoit la proclamation des grandes dates «mobiles» de l’année liturgique catholique, comme le mercredi des Cendres, Pâques, l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité et le premier dimanche de l’Avent. Au terme de la liturgie, Léon XIV récitera l’angélus depuis la loggia centrale de la basilique, un lieu marquant la solennité de cette séquence puisque ce balcon n’est utilisé que pour la bénédiction Urbi et Orbi lors des grandes fêtes (Noël, Pâques) ou lors de l’élection d’un nouveau pape.

Quant à la porte sainte de Saint-Pierre, elle devrait être prochainement scellée de l’intérieur de la basilique par un mur de briques, dans lequel sera enfermé le coffret contenant ses clés. (cath.ch/imedia/cv/ak/rz)

Des millions de pèlerins sont venus du monde entier passer la Porte sainte de la basilique Saint-Pierre | © Bernard Hallet
5 janvier 2026 | 17:11
par I.MEDIA
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