Lituanie: Les catholiques soutiennent un projet de prise en charge des bébés abandonnés

Des «fenêtres pour la vie» pour sauver des enfants

Vilnius, 27 mars 2008 (Apic) En Lituanie, l’Eglise catholique romaine se dit prête à soutenir une proposition visant à permettre aux mères de se séparer anonymement d’un nouveau-né non désiré pour qu’il soit pris en charge par l’Etat, afin de réduire le nombre d’enfants en bas age abandonnés ou tués.

Rimante Salaseviciute, médiatrice des droits de l’enfant en Lituanie, a mis en place un groupe de travail fin février pour préparer le cadre juridique d’un programme intitulé «fenêtres de vie». Le père Gintaras Grusas, secrétaire général de la Conférence épiscopale de Lituanie, a déclaré : «En Lituanie, l’Eglise a toujours encouragé cette idée, et la Conférence épiscopale a déjà désigné ses représentants pour ce groupe de travail.» Il a ajouté : «Au Moyen Age, l’Eglise possédait une part importante des hôpitaux et des institutions de santé, et les monastères avaient une «fenêtre de vie», où les gens venaient apporter les nourrissons abandonnés.»

Des systèmes du même genre existent déjà en Allemagne, en Pologne et dans d’autres pays. En Allemagne, des «boites à bébés» sont prévues pour permettre aux mères d’y déposer un enfant non désiré au moyen d’une portière dans un mur. Une alarme sonne alors pour indiquer aux travailleurs de la santé qu’il faut récupérer un enfant.

Le père Grusas a expliqué que bien que les monastères lituaniens soient prêts à perpétuer la tradition d’accueil des bébés abandonnés, ils n’ont pas la capacité de gérer un système de «fenêtres de vie», qui seraient plus vraisemblablement installées dans des hôpitaux.

Nécessité d’une nouvelle législation

En 2007, quatre cas probables d’infanticide ont été recensés en Lituanie. En général, la police affirme qu’il est difficile de prouver que les nourrissons ont été tués intentionnellement. Le corps de ces enfants est généralement retrouvé dans une poubelle ou une décharge. Des modifications devraient être apportées au droit lituanien pour y intégrer le programme de «fenêtres de vie», étant donné que l’abandon d’un bébé est actuellement considéré comme un acte criminel. La législation devra continuer de protéger le droit d’un enfant à la vie, tout en autorisant le droit d’une mère à l’abandonner de manière sûre et anonyme, selon le secrétaire général de la Conférence épiscopale. «Nous devons trouver une solution prudente permettant de maintenir l’équilibre entre ces deux droits, parce que la pratique qui a cours dans d’autres pays montre que les enfants abandonnés réclament par la suite le droit de connaître leur identité et leurs parents biologiques», a déclaré le père Grusas.

Selon la médiatrice des droits de l’enfant en Lituanie, le programme de «fenêtres de vie» débutera très probablement dans ce pays balte dans environ deux ans. Environ 79 % des 3,6 millions d’habitants de la Lituanie sont catholiques. (apic/eni/ks)

27 mars 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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