Pour une nouvelle pastorale sur les migrations
Liverpool: CCEE et SECAM en séminaire sur le thème des migrations
Liverpool, 21 novembre 2008 (Apic) Les institutions religieuses doivent s’engager aux côtés des organisations civiles pour trouver des solutions nouvelles et diversifiées sur le thème des migrations, ont estimé jeudi à Liverpool, en Angleterre, le Conseil des Conférences épiscopales d’Europe (Ccee) et le Symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et du Madagascar (Secam).
«Même si le thème des migrations a fait l’objet de nombreux meetings internationaux, au contenus pleins de paroles mais avec peu dans les faits, nous, en revanche, sommes prêts à nous engager concrètement», a assuré Mgr Olorunfemi Onaiyekan, évêque d’Abuja (Nigeria), cité par l’Agence Misna.
Le phénomène migratoire de ces dernières décennies, a pour sa part déclaré en introduisant le séminaire l’archevêque de Zagreb, le cardinal Josip Bozanic, vice-président de la Ccee, représente «le mouvement humain le plus important jamais enregistré dans l’histoire», impliquant 200 millions de personnes depuis les années 60. «Ce fait, a-t-il ajouté, influence inévitablement les structures sociales et économiques de nos sociétés, surtout en termes de composition sociale, de diversité religieuse et culturelle».
Le cardinal a rappelé «qu’en général on tend à traiter l’immigration comme un problème engendrant des pics d’alarmisme au sein de la société. De façon réductrice on parle d’extracommunautaires ou d’immigrés sans préciser leur provenance, leur appartenance culturelle ou religieuse. Par conséquent, il est nécessaire que les gouvernements et les communautés ecclésiales trouvent de nouvelles solutions qui ne soient pas simplistes, en mesure de valoriser les diverses traditions culturelles et la richesse que la mobilité humaine porte en soi».
Trésor saccagé
Le cardinal Théodore-Adrien Sarr, archevêque de Dakar (Sénégal) et vice-président de la Secam, a souligné qu’»homme sans papier n’est pas un homme sans droits» et a demandé aux pays européens «un examen de conscience plus profond sur le thème du respect de la dignité de chaque personne humaine».
L’Afrique, a ajouté le cardinal, cité par le Service d’information religieuse (Sir), «est riche, mais les Africains sont très pauvres. Le continent possède un tiers des réserves minérales de la planète. C’est un trésor, mais il ne doit pas être saccagé ni bradé. Nous sommes tous intéressés par le développement de l’Afrique. Si nous ne donnons pas à la jeunesse un futur de dignité, elle tombera dans la violence ou dans l’extrémisme, choisissant en masse d’émigrer, surtout en Europe, et cela engendrera de terribles problèmes».
L’archevêque de Dakar a conclu en soulignant que les pays africains sont appelés à agir «selon les principes de la bonne gouvernance, dans le respect des libertés personnelles et publiques, préoccupés par l’intérêt général et le bien-être collectif, à l’écoute des populations». A ses yeux, c’est seulement ainsi qu’un «pays trouve son unité et sa cohésion et peut construire le développement économique, première réponse pour éviter crises et flux migratoires». (apic/misna/pr)



