«lnadéquation» de l’ONU face aux problématiques actuelles

Rome: Le Saint-Siège encourage la réforme de l’ONU mais ne donne pas d’instructions

Rome, 7 juillet 2009 (Apic) Le Saint-Siège n’entend pas donner d’indications sur la réforme de l’Organisation des Nations Unies (ONU) souhaitée par Benoît XVI dans son encyclique «Caritas in veritate», ont précisé de hauts responsables du Conseil pontifical Justice et Paix lors de la conférence de presse qui a suivi la publication de cette nouvelle encyclique, le 7 juillet 2009. Le dicastère qui a participé en partie à l’élaboration de ce document pontifical n’a toutefois pas manqué de souligner «l’inadéquation» de l’ONU face aux problématiques actuelles.

Interrogé sur la question de «l’urgence de la réforme de l’Organisation des Nations unies» que demande Benoît XVI dans sa 3e encyclique, Mgr Giampaolo Crepaldi, secrétaire du Conseil pontifical Justice et Paix, a ainsi reconnu que, depuis «Pacem in terris» de Jean XXIII, «qui était le point de départ, la configuration des problèmes a changé», constatant une «inadéquation reconnue par les Nations Unies elles-mêmes». Plus largement, le haut prélat a souligné devant de très nombreux journalistes la nécessité de «mieux adapter les institutions internationales face à l’apparition de problèmes et à leur complexité».

Cependant, aux yeux de Mgr Crepaldi, «sur le plan technique, il est impensable de demander au Saint-Siège une proposition organique et technique, c’est-à-dire (…) une formulation sur le plan juridique et politique de la réforme des Nations Unies».

L’encyclique «Caritas in veritate» ne demande pas un «super-gouvernement, un gouvernement mondial», a affirmé pour sa part le cardinal Renato Raffaele Martino, président de ce même dicastère. Pour autant, les organisations actuelles devraient avoir cette autorité politique mondiale: «voilà pourquoi le pape demande la réforme des Nations Unies». «Le Saint-Siège, tout comme le pape, demande cette réforme des Nations Unies mais ne dit pas ce qu’il faut faire, comment la réforme doit être menée», a insisté le haut prélat, tout en rappelant ses 16 années passées aux Nations Unies en tant que représentant du Saint-Siège.

Lorsque «Caritas in veritate» parle d’une autorité pour le gouvernement de la mondialisation, elle demande une nouvelle «governance» (en anglais) et non pas un nouveau «gouvernement mondial», a souligné pour sa part Stefano Zamagni, membre du Conseil pontifical Justice et Paix, également présent à la conférence de presse.

Dans son encyclique sociale, juste après avoir évoqué le problème de la réforme de l’ONU, Benoît XVI évoque largement l’urgence de la mise en place d’une «véritable autorité politique mondiale» qui devra «être reconnue par tous, jouir d’un pouvoir effectif pour assurer à chacun la sécurité, le respect de la justice et des droits» et «évidemment posséder la faculté de faire respecter ses décisions par les différentes parties». (apic/imedia/cp/be)

7 juillet 2009 | 18:14
par webmaster@kath.ch
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