Favoriser le dialogue entre les cultures

Locarno: Le jury oecuménique du Festival de films existe depuis 1973

Paul Jubin, de l’agence Apic

Locarno, 22 juillet 2003 (Apic) Ce n’est ni à Cannes, ni à Venise, ni à Berlin que fut créé le premier jury oecuménique d’un festival de films, mais à Locarno. C’était en 1973, à l’initiative du dominicain Ambros Eichenberger et de son collègue réformé Dölf Rindlisbacher, tous deux passionnés de cinéma et d’audiovisuel, avec la complicité du directeur du Festival, Moritz de Hadeln.

Par cette présence, les Eglises chrétiennes ont voulu manifester l’importance du cinéma et des supports audiovisuels. Le jury ne privilégie pas le film strictement religieux, ni ne s’élève en censeur ou en tribune moralisatrice. Il porte un regard attentif sur le cinéma universel, en favorisant le dialogue entre les cultures, entre le Nord et le Sud, entre les religions dans un espace culturel commun. Il met en exergue les qualités humaines et artistiques des oeuvres, la défense des droits humains, la dimension spirituelle et les valeurs évangéliques. Bref, il attribue un prix au film aux qualités esthétiques, et dépassant les oppositions raciales, culturelles et confessionnelles.

Les directives élaborées à Locarno ont servi de base de travail pour les autres jurys oecuméniques, sous la houlette des organisations internationales OCIC (catholique) et Interfilm (réformé). La nouvelle structure catholique mondiale SIGNIS soutient 25 festivals, dont Cannes, Berlin, Montréal, Bratislava, Ouagadougou au Cuba. Venise n’a qu’un jury catholique, tout comme Cannes avant 1974. En Suisse, en dehors de Locarno, seul le Festival de films de Fribourg accueille un jury oecuménique depuis 2000.

Trois catholiques et trois réformés dans le jury 2003

Du 6 au 16 août 2003 se déroulera la 56e édition du Festival de films de Locarno. Le Jury oecuménique sera constitué de six membres, trois catholiques et trois réformés: Jean-Pierre Hoby, directeur des affaires culturelles de la ville de Zurich; Andrew Johnson, animateur des séminaires «Film et théologie» à Montréal; Augustine Loorthusamy, (Malaisie), vice- présidente de SIGNIS mondial; Nathalie Roncier, du Festival du film d’Amiens; Paolo Tognina, responsable des médias de l’Eglise évangélique de langue italienne en Suisse; Ulrike Vollmer, une jeune Allemande spécialisée dans: «Film et théologie féminine en dialogue».

Chaque année, les Eglises chrétiennes organisent un service oecuménique durant le Festival à la Chiesa Nuova. Pendant son mandat, la conseillère fédérale Ruth Dreifuss y participait régulièrement.

En 2004, un jury inter religieux (avec des musulmans) officiera pour la première fois à Téhéran (Iran) et à Pusan (Corée du Sud). «Nous rêvons de réaliser un projet avec un jury élargi non seulement aux musulmans, mais aussi aux Juifs à Jérusalem!», déclare Charles Martig, responsable du Service catholique des médias à Zurich. «Ainsi, les délégués des trois grandes religions monothéistes coopéreront fraternellement.» (apic/pj/bb)

22 juillet 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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