L’archevêque de Birmingham donne des leçons d’éthique

Londres: Affaire Kelly, la BBC ne serait pas suffisamment indépendante

Londres, 22 janvier 2004 (Apic) Avant même la publication du rapport du juge Hutton, le 28 janvier, sur le suicide de l’expert en armements David Kelly, l’archevêque catholique de Birmingham s’en prend à nouveau à l’éthique de la BBC. En septembre dernier, il reprochait à la chaîne publique britannique son «hostilité» à l’égard de Eglise catholique.

Le motif de la colère du prélat était alors une parodie du pape en dessin animé et deux reportages sur les scandales sexuels dans l’Eglise catholique. Cette fois-ci, Mgr Vincent Gerard Nichols déclare que la BBC a beaucoup à apprendre du point de vue éthique de la façon dont l’Eglise a géré les cas d’abus sexuels d’enfants. La BCC serait incapable de reconnaître ses erreurs.

L’archevêque Nichols, qui dirige le deuxième plus grand diocèse catholique d’Angleterre et du Pays de Galles, a déclaré au quotidien britannique «The Telegraph» que «l’Eglise avait pour sa part reconnu ses erreurs et cherché à venir à bout de son passé, qu’elle agissait honorablement, avec professionnalisme, auprès de ceux qui avaient été profondément blessés dans des cas de pédophilie.»

Quant à la BBC, selon l’archevêque, elle a été incapable dans l’affaire Kelly de maintenir une réputation d’indépendance car elle cherche à la fois à servir sa cause et à corriger ses erreurs. Dans le cas de David Kelly, cet expert en armements travaillant pour le Ministère britannique de la Défense qui s’était suicidé à la suite d’un reportage de la BBC, la télévision britannique n’a pas fait preuve d’indépendance, déplore l’archevêque.

«Je pense que les gouverneurs de la BBC ont un rôle très difficile. Etre archevêque vous donne quelques idées pour surmonter ce dilemme. Promouvoir une politique et chercher tout à la fois à en corriger le tir ne peut que faire s’entrechoquer les responsabilités.»

Un Bureau catholique pour la protection des enfants

Abordant le thème des abus sexuels commis sur des enfants, l’archevêque a déclaré que l’Eglise avait créé le «Catholic Office for the Protection of Children and Vulnerable Adults» (Copca – Bureau catholique pour la protection des enfants et des adultes vulnérables) et lui avait donné une véritable indépendance. Des professionnels peuvent ainsi encadrer et surveiller chaque diocèse et chaque congrégation religieuse.

L’archevêque de Birmingham a encore confié au «Telegraph» que la Copca était libre de publier des rapports sur d’éventuels abus. «Le bureau est clairement indépendant des évêques et des responsables des congrégations religieuses». La Copca, présidée par l’archevêque Nichols, a été créée suite au Rapport Nolan de septembre 2001, sur la Protection des enfants dans l’Eglise catholique d’Angleterre et du Pays de Galles. Eileen Shearer, sa directrice, non catholique, est une spécialiste indépendante des abus sexuels sur les enfants. L’organisation a déjà traité 148 plaintes d’abus sexuels en 2002.

«Une entreprise de communication comme la BBC doit probablement passer par le même processus que l’Eglise», estime l’archevêque. Il s’exprimait peu après que l’Eglise catholique britannique venait de payer la plus grosse indemnisation jamais versée à une victime d’abus. Simon Grey, 38 ans, un ancien servant de messe, a reçu plus de 750’000 francs suisses pour compenser des années d’abus de la part d’un prêtre de Coventry. (apic/telegraph/vb)

22 janvier 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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