Londres: Amnesty International dénonce l’utilisation des enfants soldats au Burundi
«Des armes jetables et bon marché»
Londres, 23 mars 2004 (Apic) Depuis dix ans, des chefs militaires entretiennent le conflit armé au Burundi en recrutant et en enlevant des enfants, en détruisant leur enfance et en mettant leur avenir en danger. C’est ce que dénonce Amnesty International dans un rapport publié le 24 mars et intitulé «Burundi: Child soldiers – the challenge of demobilisation».
Amnesty International demande dans son rapport au gouvernement du Burundi et aux dirigeants de tous les groupes politiques armés, anciens ou actuels, de «cesser immédiatement d’utiliser et de recruter des enfants soldats», et de «s’engager réellement pour les démobiliser et les réinsérer». «Des enfants, même ceux âgés de moins de quinze ans, ont été utilisés cyniquement comme des armes de guerre jetables et bon marché», dénonce l’organisation de défense des droits humains. Les enfants soldats ont soit été enlevés, soit poussés à s’enrôler en raison de leur situation familiale ou parce qu’ils ont été témoins d’atrocités.
Amnesty dénonce l’utilisation de ces enfants comme «porteurs, informateurs, esclaves sexuelles et combattants» par les forces armées et les groupes politiques armés du Burundi. Beaucoup d’entre eux, qui ont combattu au Burundi ou en République démocratique du Congo, ont été «traumatisés, humiliés, maltraités et cruellement punis».
6’000 à 7’000 enfants âgés concernés
A défaut d’enquêtes fiables sur le nombre d’enfants soldats au cours de la dernière décennie, Amnesty International reprend un rapport de l’UNICEF faisant état de 6’000 à 7’000 enfants âgés de moins de 18 ans devant désormais être désengagés, démobilisés et réinsérés dans la société. Un accord a été trouvé avec le gouvernement du Burundi et deux groupes politiques armés mineurs (le FNL et le CNDD-FDD) pour la démobilisation et la réinsertion de leurs enfants soldats, qui seraient au nombre de 3’000.
Amnesty International estime que la communauté internationale et le gouvernement du Burundi doivent fournir un soutien durable à la réinsertion des enfants soldats et pour leur offrir une alternative. Sans cela, des enfants démobilisés peuvent être à nouveau enrôlés – volontairement ou non – dans l’armée ou dans d’autres groupes armés. Ils peuvent aussi être forcés de vivre à la rue, risquant d’être victimes de la délinquance ou de l’exploitation. (apic/com/bb)




