L’ONG des évêques britanniques parle d’abus au Mexique
Londres: CAFOD dénonce les pratiques des compagnies multinationales d’informatique
Londres, 11 février 2008 (Apic) Les équipements électroniques sont les principaux produits d’exportation du Mexique et ce secteur industriel emploie quelque 400’000 travailleurs. Mais la plupart ne gagnent en moyenne que 100 pesos, à savoir moins de 6,4 euros par jour. L’ONG des évêques britanniques CAFOD (*) dénonce dans son dernier rapport l’exploitation des travailleurs pauvres dans ce pays d’Amérique latine.
CAFOD (Fonds catholique pour le développement d’outre-mer) est l’agence officielle d’aide et de développement de l’Eglise catholique en Angleterre et au Pays de Galles. Cette ONG est pionnière dans le droit du travail dans le secteur informatique. L’agence a en effet été parmi les premières ONG à inscrire à l’ordre du jour les conditions abusives qui prévalent dans les compagnies de matériel informatique produisant des ordinateurs pour les grandes marques.
CAFOD, qui se base sur un rapport de son partenaire mexicain CEREAL (Centro de Reflexion y Accion Laboral) basé à Mexico, avait lancé une première campagne il y a quatre ans déjà sur le thème «Nettoyez votre ordinateur». Il avait persuadé les grandes compagnies Dell et IBM de signer un code de conduite pour améliorer les conditions des travailleurs dans toute la chaîne de production. Mais CAFOD se dit très préoccupé de constater que les travailleurs de la branche au Mexique sont encore régulièrement victimes d’abus dans le domaine de leurs droits laboraux, professionnels et syndicaux.
En interviewant quelque 2’000 travailleurs, CEREAL a découvert 236 cas d’abus chez des employés travaillant pour Hitachi, Hewlett-Packard, Nokia, Philips, Dell, Motorola, Foxconn, Lenovo et Intel. Dans son étude «Electronics Multinationals and Labor Rights in Mexico», publiée à Londres, CAFOD relève des manquements dans les domaines de la santé et des procédures de sécurité, souvent ignorées ou tout simplement inexistantes.
Des travailleurs à quelque 6 euros de salaire quotidien sont forcés de travailler debout 12 heures d’affilée en équipes. Une femme, enceinte de six mois, a dû ainsi travailler durant sept heures. Des travailleurs contractuels sont privés de leurs vacances annuelles et des femmes de leur congé maternité.
Certains d’entre eux sont continuellement exposés à des vapeurs toxiques tandis que d’autres sont forcés de travailler sur des machines défectueuses. Une femme pour cette raison a eu les deux mains coupées. Alors que les règles de sécurité sont violées, les employés n’ont souvent pas le droit de se syndiquer. JB
(*) L’ONG CAFOD travaille en étroite collaboration avec des organisations partenaires dans les pays en développement, notamment avec des ONG et des organisations émanant de groupes religieux. Outre ses activités de financement, le CAFOD s’implique aussi dans l’organisation de campagnes, dans le lobbying et dans la formation de réseaux internationaux. Il est membre de la CIDSE, Réseau européen des agences catholiques de développement. (apic/cafod/be)



