Londres: Etats-Unis / Europe : Guerre contre le terrorisme

Des Etats européens responsables de «restitutions» de suspects

Londres/Lausanne, 14 juin 2006 (Apic) Après le rapport de Dick Marty, président de la Commission des questions juridiques de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, Amnesty international publie une enquête sur le sujet. Le conseiller aux Etats radical tessinois, en charge d’examiner les allégations sur l’existence de prisons secrètes de la CIA, avait enquêté et dénoncé ces pratiques.

Suite au récent rapport de Dick Marty au Conseil de l’Europe sur ce qu’on a appelé les restitutions extraordinaires, Amnesty International présente son rapport Europe’s role in US renditions (Le rôle de l’Europe dans les «restitutions»). L’ONG a examiné six cas de restitutions illégales, qui concernent treize personnes, transférées d’Europe vers des Etats tiers, avec la complicité de sept Etats européens. Tous ces hommes ont été transférés illégalement par des agents de la CIA et amenés dans des prisons d’Etats tiers, où ils ont visiblement été maltraités et torturés.

Des Etats européens ont également été impliqués dans le transfert de «suspects de terrorisme» par les services secrets américains. C’est ce que montre le rapport d’Amnesty International publié le 14 juin, qui présente en détail six cas de « restitutions ».

Pour sa part, la Section suisse a lancé une pétition au Conseil fédéral pour demander des mesures de lutte internationale contre ces pratiques. De plus, le Conseil fédéral doit s’assurer qu’aucun transfert – contraire au droit international – de prisonniers par la CIA n’ait lieu dans les aéroports suisses et l’espace aérien suisse.

La Suède mise en cause

Amnesty cite en exemple les Egyptiens Ahmed Agiza et Mohammed El Zari, qui avaient déposé une demande d’asile en Suède. Le 18 décembre 2001, cinq heures seulement après le rejet de leur demande, ils ont été remis à des agents américains qui les ont transférés en Egypte dans un avion de la CIA. Les avocats des deux Egyptiens n’ont pas été informés. Des policiers suédois ont accompagné le vol et n’ont rien tenté contre les mauvais traitements infligés par les agents de la CIA.

Avant la restitution, le gouvernement suédois avait demandé au gouvernement égyptien une garantie écrite que les deux personnes expulsées en Egypte ne seraient pas torturées. Malgré cette déclaration, Ahmed Agiza et Mohammed El Zari ont été sévèrement torturés, entre autres avec des décharges électriques, pendant des mois.

Complicité européenne dénoncée

Ahmed Agiza a été condamné à 25 ans de prison par un tribunal militaire lors d’un procès inéquitable, peine réduite par la suite à 15 ans de prison. Quant à Mohammed El Zari, il a été libéré en 2003, sans aucune inculpation.

A part la Suède, l’Allemagne, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Macédoine, la Bosnie-Herzégovine et la Turquie sont également impliquées à des degrés divers. Selon Claudio Cordone, directeur du programme recherche à Amnesty International, sans la complicité européenne, des êtres humains n’auraient pas eu à subir des tortures dans différentes régions du monde. (apic/com/ai/vb)

13 juin 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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