Londres: Exploitation des femmes dans les usines de production d’ordinateurs

Un rapport dénonce les «conditions effroyables» des travailleuses

Londres, 9 février 2004 (Apic) Un rapport publié par la CAFOD, une agence d’entraide catholique au Royaume Uni, dénonce les «conditions effroyables» des travailleurs dans les usines de production d’ordinateurs. Des jeunes femmes pour beaucoup, soumises à un environnement dangereux et mal rétribuées. Plus de 138 millions d’ordinateurs personnels ont été produit en 2003 mais «à un coût humain élevé», note le rapport.

Les travailleurs des pays en développement qui fabriquent des ordinateurs de grande marque sont pour la plupart des jeunes femmes qui «sont confrontées à un environnement dangereux. Celles-ci sont obligées de faire des heures supplémentaires, reçoivent des salaires inférieurs au minimum légal, et sont soumises à des traitements dégradants», peut-on lire dans ce rapport.

«Nombreux sont ceux qui pensent que les ordinateurs sont produits dans une Silicon Valley utopique, mais ce sont souvent des personnes travaillant dans des conditions effroyables dans les pays en développement qui fabriquent ces ordinateurs», souligne Alison Marshall, directrice des campagnes de la CAFOD.

Le rapport – Clean Up Your Computer – indique que parmi les trois grands producteurs mondiaux d’ordinateurs, Dell, Hewlett Packard et IBM, le seul qui ait un code de conduite autorisant la liberté d’association et interdisant le travail des enfants et les traitements inhumains est Hewlett Packard.

Les codes de conduite des trois sociétés sont critiqués car ils mettent l’accent, à part quelques exceptions, «plus sur la conformité avec la loi locale que sur la conformité avec les normes internationales du travail».

Plus de 138 millions d’ordinateurs personnels ont été produit en 2003 mais «à un coût humain élevé», note le rapport.

La compétition acharnée a conduit les fabricants à délocaliser la plupart de la production vers des pays où les salaires sont bas comme le Mexique, la Thaïlande et la Chine, et où la plus grande partie de la production est confiée à des sous-traitants.

Timides réactions

Ainsi, affirme le rapport, dans une entreprise de production de claviers en Chine, chaque travailleur doit insérer six ou sept touches dans un clavier en moins de 12 secondes, et doit le faire pendant 12 heures.

La CAFOD demande aux fabricants d’adopter des codes de conduite respectant les normes de l’Organisation internationale du travail; aux gouvernements d’appliquer les lois nationales et locales du travail; et aux consommateurs individuels ou institutionnels de pousser les fabricants à respecter les normes du travail.

Contactés par l’Agence oecuménique ENI, les trois compagnies – Dell, Hewlett Packard et IBM – ont toutes déclaré avoir réagi après la publication du rapport. Pour Dell, «le rapport de la CAFOD soulève des questions importantes que nous prenons au sérieux. Nous étudions actuellement le rapport pour déterminer les changements que nous pouvons introduire dans nos politiques et procédures actuelles».

Hewlett Packard affirme avoir pris des mesures pour modifier le code de conduite de ses fournisseurs, et assure vouloir s’engager pour examiner toute allégation spécifique faite dans le rapport.

IBM enfin dit de son côté être en train de prendre des mesures pour renforcer une autre politique auprès de ses fournisseurs. (apic/eni/pr)

9 février 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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