Motion contre le BNP adoptée par une large majorité du Synode
Londres: L’Eglise d’Angleterre interdit à son clergé d’adhérer à un parti d’extrême-droite
Londres, 13 février 2009 (Apic) Le Synode général de l’Eglise (anglicane) d’Angleterre a adopté par 322 voix contre 13 une motion interdisant à son clergé d’adhérer au British National Party (BNP, Parti national britannique), qui prône le rapatriement volontaire des immigrés vers leurs pays d’origine.
Présentée par Vasantha Gnanadoss, membre laïque du Synode – c’est-à-dire le parlement de l’Eglise, constitué d’évêques, de prêtres et de laïcs – la motion rappelle que la police n’accepte pas les membres du BNP dans ses rangs. Vasantha Gnanadoss, qui est d’origine asiatique, a demandé aux évêques du Synode de formuler et mettre en oeuvre une politique similaire s’appliquant au clergé et à toute personne parlant au nom de l’Eglise.
Pour appuyer sa proposition, Vasantha Gnanadoss, qui travaille pour la police métropolitaine de Londres, a déclaré: «Si le fait de soutenir des organisations telles que le BNP contrevient à l’enseignement chrétien, il semble évident que le clergé et toute personne s’exprimant au nom de l’Eglise ne doivent pas en être membres». Selon elle, une mesure de la sorte est importante: elle empêcherait des partis tels que le BNP de s’associer avec l’Eglise.
La motion a reçu le soutien de Rowan Williams, archevêque de Cantorbéry, et de son adjoint d’origine ougandaise John Sentamu, archevêque de York.
Le «péché de préjugé racial»
Les responsables de l’Eglise d’Angleterre ont par le passé appelé les électeurs à ne pas voter pour le BNP, et le Synode de l’Eglise a adopté une résolution déplorant le péché de préjugé racial. Bien que cinq prêtres figuraient sur une liste de 12’000 membres du BNP qui est parvenue aux médias en 2008, un porte-parole de l’Eglise d’Angleterre avait alors affirmé à l’époque qu’aucun d’entre eux n’étaient des prêtres actifs de l’Eglise d’Angleterre.
Le BNP fait campagne en faveur du rapatriement volontaire des immigrés, mais son président, Nick Griffin, rejette toute allégation de racisme. Sur le site web du Parti, on peut néanmoins lire que le BNP se préoccupe de la population britannique autochtone et qu’il souhaite qu’elle reste la population majoritaire. (apic/eni/pr)



