Londres: L’Eglise d’Angleterre veut remettre les prêtres déviants sur le droit chemin

L’Eglise anglicane a la réputation de croire «tout et n’importe quoi»

Londres, 23 décembre 2003 (Apic) Dans le but de combattre l’hérésie et les services religieux négligés, l’Eglise d’Angleterre se prépare à remettre les prêtres déviants sur le droit chemin. Aussi a-t-elle l’intention d’imposer à ses prêtres un serment public non équivoque destiné à faire respecter la loi canonique de l’Eglise.

D’après les propositions, de nouveaux tribunaux chargés de traiter les cas d’hérésies seront dirigés par des évêques assistés d’un jury de théologiens. Ils entendront les cas de prêtres supposés commettre des erreurs en matière de doctrine, de rituel ou de cérémonial, selon le quotidien britannique «Daily Telegraph». Les membres du clergé qui nient la doctrine de la trinité ou de l’incarnation, ou encore qui prêchent en chaire des croyances athées devront faire face à divers chefs d’accusation. Ceux qui ne porteront pas des vêtements liturgiques appropriés durant les services religieux seront également rappelés à l’ordre.

Ces propositions émanent d’un groupe de travail de la Chambre des Evêques de l’Eglise d’Angleterre, présidé par le Rév. Peter Forster, évêque de Chester, rapporte le journal britannique. En l’état, les prêtres anglicans doivent faire de vagues promesses d’accepter la discipline et l’autorité de l’Eglise lors de leur ordination sacerdotale, mais ils ne font pas toujours la promesse spécifique d’adhérer au droit canonique qui règle en détail le comportement du clergé.

La crainte d’une chasse aux sorcières

Cette nouvelle mesure reflète une inquiétude croissante concernant le comportement de certains prêtres qui ne remplissent pas le minimum requis, que ce soit en matière de port de vêtements liturgiques, ou face à l’obligation de réaliser un certain nombre de services quotidiens. Certains évêques désirent également à cette occasion débarrasser l’Eglise de sa réputation qu’on y croit «tout et n’importe quoi».

Contrairement aux milieux traditionalistes, qui veulent remettre de l’ordre, par le biais notamment d’une meilleure formation en droit canonique et l’obligation de prêter le serment de respecter les canons de l’Eglise, les libéraux craignent une chasse aux sorcières. Ces projets, qui doivent encore être débattus par le Synode général l’été prochain, suscitent en effet leurs craintes. Des dizaines de prêtres anglicans considèrent la Bible comme étant juste un peu plus qu’une collection de mythes, rapporte le quotidien britannique.

Le groupe de travail des évêques a dressé une liste d’infractions pour lesquelles la sanction pourrait aller de la réprimande à l’obligation de défroquer. En 1993, l’évêque de Chichester avait renvoyé un prêtre de paroisse, le Rév. Anthony Freeman, parce qu’il avait écrit un livre niant l’existence de Dieu. Une récente étude portant sur 2’000 prêtres de l’Eglise anglicane – sur les 10’000 membres que compte le clergé – a montré que près d’un tiers doutait ou ne croyait pas à la résurrection physique de Jésus et que seule la moitié était convaincue de la vérité de la naissance virginale. (apic/dt/be)

23 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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