Londres: La question homosexuelle divise plus que jamais la Communion anglicane

L’archevêque de Cantorbéry craint une «rupture»

Londres, 7 mars 2006 (Apic) La question du clergé homosexuel pourrait conduire la Communion anglicane à la «rupture», a estimé l’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams.

Les anglicans sont déchirés depuis l’élection en 2003 de V. Gene Robinson, qui vit ouvertement avec un partenaire du même sexe, comme évêque de l’Eglise (anglicane) épiscopale des Etats-Unis, et depuis l’introduction, par un diocèse au Canada, d’un rite de bénédiction des unions entre personnes du même sexe.

De nombreuses Eglises anglicanes, notamment en Afrique, ont condamné l’élection de Gene Robinson et plusieurs d’entre elles ont coupé leurs liens avec l’Eglise américaine.

L’archevêque de Cantorbéry, interviewé pour la BBC au Soudan, et cité par l’Agence oecuménique ENI, a estimé que «s’il y a rupture, ce sera une rupture plus visible, et il ne sera pas facile d’être une fédération». Rowan Williams, leader de plus de 70 millions d’anglicans dans le monde craint à ce sujet, que «si la communion est rompue, c’est qu’il nous reste encore moins qu’une fédération».

En 2004, le «Rapport Windsor», présenté par une commission anglicane mise en place après l’élection de Gene Robinson, avait demandé à l’Eglise américaine d’adopter un moratoire sur la consécration comme évêque de tout candidat vivant une relation homosexuelle tant qu’un consensus n’aurait pas été atteint au sein de la Communion anglicane. Le rapport exhortait aussi les Eglises des Etats-Unis et du Canada à présenter des excuses aux croyants qu’elles avaient blessés par leurs actions.

Cependant, selon des médias américains, parmi les cinq candidats au poste d’évêque du diocèse épiscopal de Californie se trouvent une lesbienne et un homosexuel. Les deux candidats homosexuels, Bonnie Perry de Chicago, et Robert Taylor de Seattle, vivent avec un partenaire du même sexe.

Profonde division

Le diocèse va procéder à des élections en mai, et l’élection devrait être approuvée lors de la Convention générale de l’Eglise épiscopale à Colombus, dans l’Ohio, le mois suivant. La Convention devrait aussi élire un successeur à l’évêque président Frank Griswold. Trois des candidats auraient voté en faveur de la consécration de Gene Robinson comme évêque et l’un d’entre eux s’y serait opposé.

Par ailleurs, dans un article paru dans le «Washington Post», l’évêque épiscopal de Washington, John Bryson Chane, a critiqué l’archevêque Peter Akinola, du Nigeria, un opposant connu à l’élection de Gene Robinson. L’archevêque Akinola, a écrit l’évêque Chane, «est peut-être le membre le plus puissant de l’alliance mondiale des évêques et théologiens conservateurs, généreusement soutenus par des fondations et des donateurs individuels aux Etats-Unis, qui cherchent à dominer la Communion anglicane et à chasser ceux qui s’opposent à eux, en particulier l’Eglise épiscopale et l’Eglise anglicane du Canada». (apic/eni/pr)

7 mars 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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