Des Etats utilisent la torture pour lutter contre le terrorisme

Londres/Lausanne: Rapport Annuel 2006 d’Amnesty International

Londres/Lausanne, 22 mai 2006 (Apic) Les requérants déboutés de leur demande d’asile sont de plus en plus considérés comme des délinquants, affirme Amnesty International section Suisse. Si les Lois fédérales sur l’asile et sur les étrangers sont acceptées, «elles risquent de voir leur sort s’aggraver «

Le Rapport annuel 2006 d’ Amnesty International publié le 23 mai reproche «aux pays puissants et privilégiés d’accaparer l’attention de la communauté internationale avec leurs préoccupations en matière de sécurité, au détriment des graves crises des droits humains qui sévissent ailleurs dans le monde». Mais l’organisation relève aussi des raisons d’espérer, avec la mobilisation mondiale contre la pauvreté et les nouveaux pas franchis dans le combat pour la justice internationale.

Suisse: Le rapport annuel 2006 d’Amnesty International revient sur les Lois sur l’asile et sur les étrangers et critique les dispositions prévues, qui violent la Convention de Genève sur les réfugiés. L’organisation relève que les demandeurs d’asile se plaignent régulièrement d’atteintes aux droits fondamentaux et de mauvais traitements qui leur sont infligés par les services de l’immigration et la police au niveau cantonal.

L’an dernier, le commissaire aux Droits de l’homme du Conseil de l’Europe a préconisé la création d’une commission de recours cantonale indépendante, chargée de recevoir les plaintes contre des membres de la police. Il a proposé qu’un observateur soit présent lors des refoulements et a demandé que les sociétés de sécurité privées ne soient pas autorisées à se charger de ces opérations.

Les Etats qui ferment les yeux sur les violations des Droits de ’homme

« Pour défendre leurs stricts intérêts en matière de sécurité, des États ont fermé les yeux sur des violations massives des droits humains, paralysé les institutions internationales et dépensé en pure perte des fonds publics. Tout cela au nom de la « guerre contre le terrorisme » S’exprimant lors de la présentation du Rapport 2006 d’Amnesty International à Londres, la Secrétaire générale de l’organisation, Irene Khan, a notamment relevé l’exemple du Darfour, où l’action des Nations unies et de l’Union africaine n’a pas été à la hauteur, et de l’Irak qui a sombré dans les violences communautaires. « Lorsque les puissants sont trop arrogants pour réexaminer et réévaluer leurs stratégies, ce sont les pauvres et les faibles – ici des hommes, des femmes et des enfants irakiens – qui paient le prix fort », a mis en garde Irene Khan.

L’attitude de «certains États puissants, marquée par la duplicité et le refus de se soumettre aux mêmes normes que les autres pays, porte atteinte à la capacité de la communauté internationale de résoudre des crises des droits humains. Elle cite la Tchétchénie, la Colombie, l’Afghanistan, l’Iran, l’Ouzbékistan ou la Corée du Nord.

La société civile mobilisée contre la pauvreté

L’année écoulée a vu l’une des plus grandes mobilisations de la société civile dans la lutte contre la pauvreté et dans le combat pour les droits économiques et sociaux. Mais le sommet mondial des Nations unies, qui a examiné les progrès accomplis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, a révélé au grand jour l’incapacité des États à tenir leurs promesses, déclare Amnesty. C’est ainsi que les gouvernements, tout en proclamant leur attachement aux droits fondamentaux des femmes, n’ont pas atteint les objectifs établis par la communauté internationale dans le domaine de l’égalité entre garçons et filles dans le système scolaire.

Un nouveau pas a été franchi en 2005 dans le combat pour la justice avec les premières mises en accusation de la Cour pénale internationale, prononcées pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité perpétrés en Ouganda. Au Royaume-Uni, la plus haute juridiction a fait échec à la volonté du gouvernement d’utiliser des «preuves» obtenues sous la torture. Le Conseil de l’Europe et le Parlement européen ont ouvert des enquêtes sur certains pays européens impliqués dans les transferts illégaux de prisonniers organisés par les Etats-Unis. vers des États où ils risquent d’être torturés.

«Nous devons combattre la position des États qui prétendent que l’on peut lutter contre le terrorisme en utilisant la torture», a souligné Irene Khan. (apic/com/vb)

22 mai 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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