Le pasteur Samba est emprisonné sans procès ni charges
Londres: Le primat anglican appelle à la libération d’un pasteur de Guinée équatoriale
Londres, 5 mars 2007 (Apic) L’archevêque de Cantorbéry, Rowan Williams, a demandé la libération du pasteur protestant guinéen Bienvenido Samba Momessori. Le primat de l’Eglise anglicane a apporté son soutien à l’appel d’Amnesty International. Le pasteur Samba est incarcéré depuis près de quatre ans à la prison d’Evinayong, en Guinée équatoriale, sans procès ni charges retenues contre lui.
Le chef de la Communion anglicane mondiale a souligné dans le magazine britannique «New Statesman» que les responsables religieux font souvent partie de ceux qui sont pris dans les tensions entre groupes ethniques et gouvernements, de l’ancienne Afrique du Sud au Timor oriental. Bienvenido Samba Momessori est pasteur de «l’Eglise des chérubins et séraphins», appartenant aux «Assemblées de Dieu».
Il a été arrêté en 2003 pour s’être exprimé pacifiquement sur des sujets politiques. L’organisation de défense des droits de la personne souligne que le pasteur est un Bubi, une ethnie minoritaire de l’île de Bioko. Les Bubis, qui vivent sur l’île de Bioko, contestent le traitement qui leur est réservé par la majorité ethnique. Ces dernières années, des Bubis ont attaqué des installations militaires et les représailles ont été violentes, a-t-il affirmé.
Le pasteur Samba, a souligné l’archevêque, avait été arrêté pour la première fois en 1998 après des heurts entre des militants bubis armés et les militaires. Il fut condamné à mort après une parodie de procès. La peine fut par la suite commuée en détention à perpétuité. Libéré en 2002 à la faveur d’une amnistie, il fut de nouveau arrêté le 26 octobre 2003. Depuis lors, il est détenu sans avoir pu bénéficier d’un procès.
Dans un communiqué sur son site internet, Amnesty International affirme que le pasteur a été arrêté uniquement sur la base de ses opinions politiques pacifistes et de son origine ethnique, et le considère comme un prisonnier de conscience. L’organisation souligne également que le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo Obigan s’est rendu à Madrid en novembre. Selon les autorités espagnoles, il a promis de faire libérer les prisonniers politiques. Toutefois, précise l’organisation, aucun agenda n’a été rendu public et Amnesty International appelle le président Obiang à honorer sa promesse immédiatement. (apic/eni/js)




