Dispositions antiterroristes incompatibles avec les droits humains
Londres: Les droits humains fondamentaux en danger depuis le 11 septembre selon AI
Londres, 22 janvier 2002 (APIC) Le respect des droits humains est profondément remis en cause dans le monde entier par les mesures prises par les gouvernements à la suite des attentats commis le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. C’est ce que révèle Amnesty International dans un rapport publié aujourd’hui, alors que le Conseil de sécurité des Nations unies s’apprête à examiner le travail accompli par le Comité contre le terrorisme.
Cette instance a été créée par le Conseil de sécurité à la suite des attentats du 11septembre, afin de veiller à l’adoption par les Etats des mesures de vaste portée jugées nécessaires par le Conseil pour combattre le terrorisme. Aujourd’hui, le Comité commence à examiner plus de 100 rapports dans lesquels les Etats rendent comptent des initiatives prises en la matière.
Un certain nombre de gouvernements ont adopté de nouvelles lois incompatibles avec les normes relatives aux droits humains, tandis que d’autres appliquent des dispositions déjà en vigueur, pour réprimer les activités de l’opposition.
«Les droits humains en danger»
Le rapport publié par l’organisation de défense des droits de l’homme montre clairement l’urgence de la situation. Ce document intitulé «Les droits humains en danger» rend compte de violations des droits fondamentaux ayant pour origine les dispositions antiterroristes prises par les Etats dans le monde entier, tant avant qu’après les attentats du 11septembre. Ces dispositions permettent notamment: de maintenir indéfiniment des personnes en détention sans inculpation ni jugement; de placer des individus en détention au secret, ce qui favorise le recours à la torture; de juger des suspects au mépris des normes internationales d’équité; de porter atteinte aux droits aux libertés d’expression, d’association et de réunion.
Dans une lettre ouverte, la secrétaire générale d’Amnesty International, Irène Khan, a exhorté les membres du Conseil de sécurité à prendre des mesures concrètes afin que les Etats s’acquittent de leurs obligations et adhèrent aux normes internationales en matière de droits humains dans le cadre de ce processus. Sans quoi, il y a tout lieu de craindre que les considérations sécuritaires ne l’emportent sur les droits de la personne humaine, ce qui est d’ailleurs déjà le cas dans certains pays, a indiqué la secrétaire générale de l’organisation.
Lorsque la sûreté d’un Etat et la sécurité de ses ressortissants sont menacés, il est essentiel que les normes relatives aux droits humains et la légalité soient respectés. Le respect de tous les droits de la personne humaine est le seul moyen de garantir véritablement la sécurité de tous, estime Amnesty International. (apic/com/bb)




