Ils ne savent où aller pour être en sécurité

Londres: Plaidoyer d’Amnesty pour les réfugiés libériens en Côte d’Ivoire

Londres, 23 juin 2003 (Apic) Amnesty International (AI) tire la sonnette d’alarme sur le chemin de croix des réfugiés libériens en Côte d’Ivoire. Dans un document publié le 23 juin, l’organisation de défense des droits humains demande aux pays de la sous région et à la communauté internationale de fournir une protection à toutes les personnes prises dans le feu du conflit ivoirien. AI appelle également à la mise sur pied d’une plate forme efficace de collecte de fonds pour juguler cette «grave crise humanitaire».

La situation des réfugiés libériens en Côte d’Ivoire est très préoccupante, indique le communiqué d’AI. C’est pourquoi cette ONG appelle la communauté internationale à mettre en oeuvre un programme d’évacuation humanitaire et de réinstallation dans d’autres pays d’accueil de ces réfugiés qui ne savent plus où aller. Par ailleurs, regrette AI, aucun des pays limitrophes ne semble réellement disposé à les accueillir, car ils sont bien souvent perçus comme des fauteurs de troubles.

Pour AI, seul un engagement fort et concerté de la communauté internationale en matière de collecte de fonds et d’action humanitaire sur le terrain peut permettre de répondre à la détresse des réfugiés. Une mobilisation qui tarde à venir, malgré les actions de l’ONU et de ses organismes pilotes, indique AI.

Amnesty International demande donc au gouvernement de Côte d’Ivoire et aux groupes d’opposition armés qui font la loi dans le pays de cesser immédiatement de s’en prendre aux réfugiés libériens.

Pris entre deux feux

Chiffré à quelques 70’000 âmes, ils avaient trouvé asile en Côte d’Ivoire à la suite de la guerre qui a éclaté au Liberia en 1989. Mais depuis septembre 2002, ils sont à nouveau dans une situation critique à cause de la crise qui secoue ce pays. Au début d’avril 2003, des milliers de personnes qui s’étaient réfugiées quelques semaines plus tôt au Liberia pour fuir la crise ivoirienne ont traversé la frontière en sens inverse, après que des combats de plus en plus violents se soient produits dans la région où elles avaient trouvé asile.

En Côte d’Ivoire, affirme AI, les réfugiés libériens sont victimes d’exactions commises par les différents belligérants qui les accusent de tous les maux. Et l’huile que les médias locaux mettent sur le feu, selon AI, n’est pas pour faire rentrer les choses dans l’ordre.

Le document publié par Ai s’appuie notamment sur les témoignages de nombreux réfugiés libériens qu’une délégation d’Amnesty International a rencontré à Abidjan en mars 2003. L’un d’entre eux a notamment affirmé à ces interlocuteurs qu’ils préféreraient même être rejetés à la mer sur un bateau que de rester en Côte d’Ivoire.

Ne pouvant rester sans danger en Côte d’Ivoire, des dizaines de milliers de ces désespérés sont retournés dans leur pays d’origine. Et ce en dépit de la recrudescence des combats observés depuis la rupture le 4 juin dernier, des pourparlers de paix entre les rebelles et l’armée régulière.

Il faut préciser que cette fuite vers le Liberia n’a pas seulement concerné des Libériens mais également des dizaines de milliers d’Ivoiriens et de ressortissants d’autres pays de la sous région. Selon des chiffres du HCR publiés en mars 2003, près de 100’000 personnes auraient fui au Libéria depuis le début du conflit ivoirien avant d’être contraintes pour beaucoup de retourner en Côte d’Ivoire. (apic/com/jv)

23 juin 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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