10 kilomètres carrés d’espace public pour les Juifs orthodoxes

Londres: Polémique autour de l’érection d’un eruv dans le nord-ouest de la ville

Londres, 12 août 2002 (APIC) Les Juifs orthodoxes du nord-ouest de Londres veulent installer, pour des motifs religieux, un eruv, une surface délimitée par une barrière, occupant un espace public d’environ 10 kilomètres carrés. Les riverains n’apprécient guère de voir une partie de leurs rues transformées en espace privé.

L’eruv est une surface publique, considérée comme un espace privé, où il est permis aux Juifs orthodoxes de pratiquer pendant le sabbat les mêmes tâches qu’à leur domicile. Il est ainsi possible pour un croyant de cette obédience de pousser un landau ou une chaise roulante dans un eruv, alors qu’une telle action lui est interdite dans un lieu public le jour du sabbat.

La «United Synagogue», l’aile dominante du judaïsme orthodoxe en Grande- Bretagne explique que grâce à l’eruv, il est plus aisé pour les pratiquants de se rendre de leur domicile à la synagogue.

Les opposants refusent l’eruv pour plusieurs raisons. Tout d’abord il ne veulent pas voir l’espace public se couvrir de poteaux et de fils de fer (ou de pêche), pour délimiter une surface revendiquée comme privée par une frange de la population. Elizabeth Lawrence, membre du groupe des opposants déclare: «Nous devrions essayer de vivre ensemble et non diviser la communauté.» D’autre craignent que l’eruv constitue une cible facile aux violences racistes».

Autre opposante, Elizabeth Segall considère que l’eruv «porte atteinte à ses droits humains et civils», elle et son mari sont exaspérés par le fait qu’une façade de leur maison fasse partie de l’eruv du nord-ouest de Londres. En réponse à leurs protestations le grand rabbin leur a fait remarquer: «Vous êtes libres de ne pas utiliser l’eruv ou de démolir votre maison.». Autre inconvénient: la présence de barrière en fils de fer dans des rues très fréquentées posent des problèmes de sécurité.

Le comité de promotion de l’eruv rétorque que de nombreuses villes dans le monde (plus de 200, telles Washington, Sydney ou Venise) ont des eruv et que 10’000 personnes bénéficieraient de celle du nord-ouest de Londres. Les opposants estiment pour leur part que le nombre des bénéficiaires n’excéderait pas 600. (apic/thegardian/sh)

12 août 2002 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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