Londres: Publication d’un livre de liturgie pour les animaux

«Je crois que les animaux ont leur place au ciel», affirme A. Linzey

Londres, 9 mars 1999 (APIC) «Je crois fortement que les animaux ont leur place au ciel», affirme le théologien anglican britannique Andrew Linzey. En publiant «Animal Rites», livre de liturgie pour animaux, dédicacé au chien, Barney, «dont la queue frétille encore dans le ciel», A. Linzey ne craint pas de susciter la controverse. «La question n’est pas de savoir s’il y aura des animaux dans le ciel, mais s’il y aura des humains. Nous sommes méchants, violents et égoïstes», insiste-t-il.

Défenseur du droit des animaux, auteur de plusieurs ouvrages sur la «théologie animale», Andrew Linzey, membre de la Faculté de théologie de l’Université d’Oxford, propose une série de rites et de prières pour le monde animal. «Animal Rites» comprend notamment des excuses pour la façon dont les êtres humains traitent les animaux. Une prière pour les animaux qui ont souffert et sont morts reconnaît que les humains sont devenus des exploiteurs vaniteux de la terre, en prenant et en utilisant d’autres créatures sans aucune pensée pour leur Créateur.

Un service de bénédiction pour les animaux demande à Dieu «de les bénir, de leur apporter force et réconfort, et de leur donner une place dans le royaume éternel». Une prière récitée lors de l’Eucharistie invite la communauté à «s’associer à toutes les créatures pour prononcer des paroles de louange éternelle». Certains ecclésiastiques refusent de bénir les animaux mais sont prêts à bénir des navires de guerre ou des voitures, s’insurge Andrew Linzey.

Certains journaux n’ont pas hésité à parler de «baptêmes» et de «mariages» d’animaux. Ce que Andrew Linzey réfute vigoureusement. «Ce serait voir les animaux comme des êtres humains en miniature, ce qui n’est pas du tout ce que je pense.»

L’alliance de Dieu ne concerne pas seulement les être humains

Selon Andrew Linzey, le manque d’attention à l’égard des animaux a des racines profondes dans la tradition chrétienne de rationalité, que les animaux ne sont pas supposés partager. «Alors que nous en savons davantage sur le comportement animal, on doit admettre que les animaux agissent avec une intention précise. Aujourd’hui, l’indifférence des chrétiens à l’égard des animaux a empiré», écrit-il. Entre saint François d’Assise et la liturgie contemporaine, il y a eu une forte diminution du respect envers les autres créatures.

«La théologie moderne a presque totalement négligé l’idée biblique selon laquelle l’alliance de Dieu ne concerne pas seulement les êtres humains, mais toutes les créatures vivantes.» Au IVe siècle, saint Basile le Grand priait pour rappeler que les animaux «ne vivent pas seulement pour nous mais pour eux-mêmes et pour Dieu «. François d’Assise, selon ses biographes, donnait aux créatures, même aux plus petites, «le nom de frère ou soeur, parce qu’il savait qu’elles provenaient de la même source que lui». Quant à Charles Spurgeon, prédicateur baptiste du XIXe siècle, il estimait qu’un homme n’était «pas un vrai chrétien si son chien ou son chat n’avaient pas une meilleure vie».

Un chien devenu saint

Andrew Linzey rapporte même la curieuse histoire de «saint» Guinefort. Or ce Guinefort était un lévrier qui avait sauvé un enfant attaqué par un serpent. Accusé à tort et tué, Guinefort a fait l’objet d’un véritable culte – interdit au XIIIe siècle – et fut considéré comme un «saint» qui pouvait protéger les enfants. Un exemple qui, selon Andrew Linzey, «remet en question la limite entre humains et animaux». Le théologien affirme avoir écrit un «livre tout à fait orthodoxe… Ceux qui le considèrent comme sujet à controverse devraient admettre que Dieu ne s’intéresse pas seulement aux êtres humains. «Ce n’est pas seulement de la sentimentalité car notre approche actuelle est déséquilibrée», conclut-il. (apic/eni/mp)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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