Les épiscopaliens ne renonceront pas à leur évêque homosexuel
Londres: Sommet des primats anglicans, un pas de plus vers le schisme
Londres, 17 octobre 2003 (Apic) La Communion anglicane et ses 70 millions de fidèles ont fait un pas de plus vers le schisme. Les 37 primats réunis à Londres les 15 et 16 octobre ont confirmé que si Gene Robinson devient le 2 novembre le premier évêque anglican homosexuel, plusieurs Eglises anglicanes rompront leurs liens avec les épiscopaliens. Or, le diocèse du New Hampshire a réitéré sa détermination à consacrer le chanoine Robinson.
Convoqué par l’archevêque de Cantorbéry et primat de la Communion anglicane, Rowan Williams, la réunion tenue dans sa résidence londonienne du Lambeth Palace avait pour ambition de calmer la crise provoquée par l’annonce de l’ordination de Gene Robinson comme évêque du diocèse épiscopalien du New Hampshire, aux Etats-Unis.
En fin de compte, les primats hostiles à l’ordination des homosexuels ont confirmé leur intention de rompre leur lien avec les épiscopaliens. Parmi eux, Peter Ankinola, qui est à la tête des 17 millions de fidèles de l’Eglise du Nigeria. D’autres primats, en général occidentaux, ont par contre annoncé leur volonté de maintenir leur communion avec la branche américaine de l’anglicanisme.
Rowan Williams opposé à l’ordination de Gene Robinson
L’archevêque de Cantorbéry, bien que personnellement favorable à l’intégration ecclésiale des homosexuels, s’est déclaré opposé à l’ordination de Gene Robinson, afin de ne pas plonger l’Eglise «dans une énorme crise». C’est par ce même argument qu’il avait «convaincu» cet été le chanoine gay Jeffrey John de renoncer à sa nomination épiscopale pour le diocèse anglais de Reading.
Cependant, comme les provinces anglicanes sont des entités juridiquement indépendantes de l’autorité de Rowan Williams, un tel scénario n’est pas susceptible de se reproduire. Le primat anglican a déjà invité ses pairs aux velléités schismatiques à «ne pas agir dans la précipitation». Une commission a d’ailleurs été mise sur pied pour faire face à l’évolution de la crise, elle doit rendre un rapport d’ici une année.
Les primats ont également exprimé leur préoccupation concernant le diocèse canadien de New Westminster, dont l’évêque a autorisé la bénédiction d’unions entre personnes du même sexe. Ces évolutions pastorales sont susceptibles de poser également problème dans les rapports oecuméniques de l’anglicanisme, soulignent en outre les primats. Dans leur déclaration, les leaders anglicans ont réaffirmé les conclusions de la Conférence de Lambeth de 1998 sur la sexualité, qui tout en préconisant la tolérance pour les homosexuels n’acceptent pas leurs moeurs, jugées «incompatibles avec les écritures».
Pas d’électron libre
Déclarant être arrivé «à un point critique», l’archevêque de Cantorbéry et les 37 primats ont «réaffirmé leur compréhension commune de l’autorité centrale des écritures comme déterminant les bases de leur foi. Ils ont également assuré «reconnaître la légitime diversité des interprétations», tout en soulignant que cette diversité n’autorise pas un membre de la communion à prendre une décision sur un point central, sans le consentement des autres Eglises. L’archevêque de Cantorbéry a déclaré en outre «profondément regretter les actions» des épiscopaliens «qui n’expriment pas l’esprit de communion».
La «question fortuite» de appartenance sexuelle
Dans leur annonce faite quelques heures après les déclarations de Rowan Williams, les épiscopaliens du diocèse du New Hampshire soulignent que la sexualité de leur futur évêque est une question secondaire par rapport à son aptitude à occuper ce poste. «Le chanoine Robinson a été élu sur la base de ses 30 ans de ministère, sa considérable expérience pastorale et sa vision du ministère», précisent les épiscopaliens.
L’Eglise épiscopalienne compte 2,4 millions de fidèles. Elle représente cependant une part importante de la Communion anglicane, étant donné qu’elle en est la province la plus riche. (apic/bbc/guardian/sh)



