Le clergé pourrait ne pas participer directement à un tel mariage

Londres: Tollé autour du mariage pour transsexuels

Londres, 1er mars 2004 (Apic) Une loi de reconnaissance des genres (Gender Recognition Bill), bientôt en vigueur, obligera les officiers d’état civil à donner des droits égaux aux transsexuels. Mais une clause de conscience permettra au clergé de refuser de célébrer de tels mariages. Le clergé anglican est le seul clergé qui ait l’obligation de marier n’importe quelle personne.

Certains prêtres anglicans disent qu’ils préfèreraient être poursuivis pénalement plutôt que de célébrer des mariages de personnes ayant changé de sexe dans leurs églises.

D’autres ne veulent même pas que de telles cérémonies puissent avoir lieu dans des bâtiments ecclésiaux. Ils craignent qu’un précédent soit créé, qui ouvre la voie à des bénédictions et des mariages entre personnes de même sexe.

Cependant, la nouvelle loi a été accueillie favorablement par des anglicans plus libéraux, pour qui les transsexuels veulent simplement les mêmes droits que les autres.

La vice-présidente de la campagne en faveur de la loi, «Press For Change», Claire McNab, a déclaré que c’était «un non sens de clamer que cette loi oblige l’Eglise à marier des transsexuels».

Pour sa part, Emma Martin, ex homme devenue femme il y a trois ans: «Ces clercs veulent la liberté pour leur conscience mais pas pour les autres prêtres». Elle ajoute: «Selon la loi, les gens qui ont subi une opération chirurgicale pour changer de sexe, ou qui convainquent une personne qualifiée que leur corps ne représente pas leur vrai genre, ont le droit de voir leur nouveau sexe reconnu. «Il s’agit de nous permettre de vivre nos vraies vies plutôt que de nous forcer à vivre une demi-vie», a-t-elle déclaré à l’agence BBC News.

La clause de conscience a été mûrement réfléchie, ajoute-t-elle, et «l’Eglise d’Angleterre et du Pays de Galles est satisfaite de cette clause».

«Si nous refusons, nous pourrions être poursuivis»

Le révérend Rod Thomas, de St Matthew’s Church, à Plymouth, a pour sa part mis en garde: «Nous pourrions être obligés de permettre que nos bâtiments soient utilisés par force de loi. Si nous refusons, nous pourrions être poursuivis».

Un porte-parole du Département des affaires constitutionnelles a confirmé qu’un couple dont l’un des deux partenaires est transsexuel serait autorisé sous la nouvelle loi à se marier dans une église. Il a ajouté: «Si un prêtre ne veut pas marier le couple, cela pourra être fait par un autre membre du clergé». Ajoutant: ” une personne transsexuelle n’est pas obligée de révéler son histoire personnelle».

Sous la nouvelle loi, des mariages contractés par des transsexuels une fois leur changement de sexe légalement reconnu, seront des mariages valides entre un mâle et une femelle – mais pas du même sexe – a précisé le porte- parole du gouvernement, qui a encore ajouté que le gouvernement n’avais pas de plans pour introduire des mariages entre personnes du même sexe. (apic/bbcnews/vb)

1 mars 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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