Lors de sa dernière audience, le pape exprime sa reconnaissance

Benoit XVI : Aimer l’Eglise signifie aussi avoir le «courage de faire des choix difficiles»

Rome, 27 février 2013 L’amour de l’Eglise implique aussi «le courage de faire des choix difficiles» a relevé Benoît XVI le 27 février 2013 lors de sa dernière apparition publique avant son retrait. Devant les quelque 150 000 fidèles venus assister à la dernière audience générale de son pontificat, il a commenté une dernière fois les raisons de sa démission.

«Je n’abandonne pas la croix», a expliqué le pape de 85 ans à propos de sa renonciation. «Ces derniers mois, j’ai senti que mes forces avaient diminué, et j’ai demandé à Dieu avec insistance dans la prière de m’éclairer de sa lumière afin de me faire prendre la décision la plus juste, non pour mon bien mais pour le bien de l’Eglise». Et Benoît XVI de s’expliquer : «J’ai fait ce geste en pleine conscience de sa gravité mais aussi de sa nouveauté, avec une âme profondément sereine». «Aimer l’Eglise signifie aussi avoir le courage de faire des choix difficiles, douloureux, ayant toujours à l’esprit le bien de l’Eglise et non le nôtre»,

«Celui qui assume le ministère pétrinien n’a plus aucune vie privée»

«Celui qui assume le ministère pétrinien n’a plus aucune vie privée», a confié le pape élu à l’âge de 78 ans. Un pontife «appartient toujours et totalement à tous, à toute l’Eglise». Pour Benoît XVI renoncer à sa charge n’est pas opérer un «retour au privé». «Ma décision de renoncer à l’exercice actif du ministère ne révoque pas cela et je n’abandonne pas la croix», a poursuivi Benoît XVI pour qui, au contraire, il «demeure de façon nouvelle auprès du Seigneur crucifié (…) dans le service de la prière».

Malgré les moments «difficiles» de son pontificat, Benoît XVI s’est dit convaincu que le Seigneur ne laissait jamais «couler la barque de l’Eglise».

Rappelant le jour de son élection, le 19 avril 2005, Benoît XVI a assuré qu’une «certitude» l’avait accompagné tout au long de son ministère. Au moment de mon élection, «les paroles qui ont résonné en mon cœur ont été : Seigneur, que me demandes-tu ? C’est un grand poids que tu mets sur mes épaules, mais si tu me le demandes, sur ta parole, je jetterai les filets, sûr que tu me guideras, malgré mes faiblesses». «Le Seigneur m’a vraiment guidé, il a été proche de moi, j’ai pu sentir sa présence tous les jours», a poursuivi le pape souvent interrompu par les applaudissements.

L’Eglise a connu des moments difficiles

Evoquant ses presque huit ans de pontificat, Benoît XVI a affirmé que cette période de la vie de l’Eglise avait connu «des moments de joie et de lumière, mais aussi des moments difficiles», au cours desquels «les eaux étaient agitées et les vents contraires, comme dans toute l’histoire de l’Eglise». Dans ces moments-là, a-t-il souligné, «le Seigneur semblait dormir».

Mais Benoît XVI s’est redit certain de la présence de Dieu. «J’ai toujours su que la barque de l’Eglise ne m’appartient pas, ne nous appartient pas, mais qu’elle est à lui et qu’il ne la laisse pas couler», a-t-il soutenu. «C’est lui qui la conduit», a ajouté le pape, soulignant que Dieu se servait aussi des «hommes qu’il avait choisi» pour cela. «Rien ne peut assombrir» cette certitude, a-t-il insisté. «C’est pour cela que mon cœur est aujourd’hui plein d’action de grâce envers Dieu, car il n’a jamais fait manquer de rien à son Eglise», a encore assuré le pape allemand.

Merci à ceux qui travaillent dans le silence

Benoît XVI, qui a plusieurs fois noté la vitalité de l’Eglise, a assuré ne jamais s’être senti seul et a chaleureusement remercié ses collaborateurs, qui l’ont assisté dans le gouvernement de la «barque de Pierre». «Le Seigneur a placé à mes côtés des personnes (…) qui m’ont aidé et ont été proches de moi». Le pape a ainsi remercié les cardinaux pour «leur sagesse et leurs conseils» et particulièrement le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone, ainsi que tous les collaborateurs qui travaillent «dans le silence» et avec dévotion au Vatican.

Le pape a également remercié les évêques, les prêtres et les personnes consacrées, de même que l’ensemble des fidèles, et en particulier le diocèse de Rome, dont il est l’évêque. Enfin, Benoît XVI a remercié les diplomates accrédités près le Saint-Siège ainsi que toutes les personnes qui travaillent dans la communication au Vatican. (apic/imedia/ami/mp)

27 février 2013 | 14:24
par webmaster@kath.ch
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