Fribourg: Le rédacteur en chef de «La Liberté» pas inquiet pour l’indépendance du journal
Louis Ruffieux veut maintenir une voix différente
Fribourg, 29 septembre 2014 (Apic) Pour le rédacteur en chef de «La liberté», la cession d’un tiers des actions du quotidien fribourgeois à la Banque cantonale et au Groupe E ne représente aucun danger pour l’indépendance de son journal, né il y a 143 ans comme outil de combat du catholicisme romain.
S’exprimant le 26 septembre devant les membres de l’Ordre équestre du Saint Sépulcre, Louis Ruffieux a répété son credo journalistique. «Nous ne voulons pas remplacer le devoir d’informer par la volonté de plaire». Dans un monde où l’information est disponible immédiatement, partout et gratuitement, un journal comme «La Liberté» doit apporter une plus value en cherchant à offrir du sens.
Interpellé sur l’identité chrétienne de «La Liberté», Louis Ruffieux rappelle que si la soumission au magistère et à la doctrine de l’Eglise a été abolie en 1995, les valeurs chrétiennes restent un fondement de la ligne éditoriale du journal avec la volonté de mettre l’homme au centre, de rester une voix différente.
Un des rares journaux dont l’audience ne faiblit pas
Aux yeux de Louis Ruffieux, la vente d’une partie du titre rendue nécessaire par l’absence de relève au sein de la Congrégation des sœurs de St-Paul, à des partenaires fribourgeois représente l’avantage essentiel de pouvoir conserver le centre de décision à Fribourg. La solution de facilité aurait été de s’appuyer sur un grand groupe de presse, reconnaît le rédacteur en chef. Mais avec alors un risque sérieux de perdre en indépendance et en substance. Or grâce à cette indépendance, «La Liberté» est un des rares journaux suisses dont l’audience ne faiblit pas voire même s’accroît, relève Louis Ruffieux.
Par indépendance, le rédacteur en chef entend en premier lieu «la prise de conscience de ses propres dépendances.» Pour lui, le risque n’est pas que la Banque cantonale et le Groupe E interviennent sur la ligne éditoriale, mais plutôt que par un phénomène de ›compensation’, la rédaction se montre très critique vis-à-vis des nouveaux propriétaires du journal.
A ceux qui voient dans la structure de «La Liberté» toujours propriété d’une congrégation religieuse un archaïsme incongru, Louis Ruffieux a une réponse imparable. Un tel propriétaire est merveilleux: Il ne se préoccupe pas en priorité du bénéfice et n’exige pas une forte rentabilité. Il ne se mêle pas des contenus. Et enfin les religieuses portent dans leur prière constante tous les collaborateurs. (apic/mp)



