Malgré les nombreuses ressources naturelles, le Mozambique n’est pas encore parvenu à sortir de la situation grave qu’il a héritée de son passé colonial et post-colonial. Dès la fin du XVI° siècle commence la colonisation des terres situées le long du fleuve Zambèze grâce à des fiefs accordés aux colons portugais qui prennent en peu de temps le contrôle de districts entiers et se livrent à la vente des esclaves. La période dictatoriale du Portugal, sous Salazar, augmente le travail forcé dans les plantations et institutionnalise la discrimination par la loi coloniale. En 1951, les colonies deviennent provinces d’outremer, mais la discrimination raciale, les lois sur le travail forcé et sur les cultures obligatoires ne sont abolies qu’après 1961. Dans les années suivantes, après des massacres commis par les troupes coloniales, va naître – dans le cadre des luttes pour l’indépendance de nombreux peuples africains – la guérilla du Front de Libération du Mozambique (FRELIMO).

Lourd héritage colonial et post-colonial

La lutte dure dix ans et est âpre. La «Révolution des œillets» du 25 avril 1974 signe le glas des colonies portugaises et l’indépendance du Mozambique est proclamée le 25 juin 1975. Le FRELIMO se déclare parti unique (marxiste-léniniste), et des dizaines de milliers de Portugais (colons, techniciens, employés, missionnaires) quittent le pays. Le gouvernement nationalise services sociaux, industries, banques, commerce avec l’étranger. Le Mozambique va rapidement sombrer dans la guerre civile menée par la Résistance Nationale du Mozambique (RENAMO) soutenue par l’Afrique du Sud. L’insécurité règne sur la plus grande partie du territoire et paralyse toutes les activités. En janvier 1987, le gouvernement du Mozambique annonce le retour à la libre entreprise privée dans plusieurs domaines, mais le pays est désormais dans un état désastreux. La nouvelle Constitution de 1990 proclame la fin du régime marxiste-léniniste, et l’ouverture du marché aux capitaux occidentaux. Le 4 octobre 1992, la RENAMO et le FRELIMO signent à Rome un accord de paix qui prévoit un régime démocratique avec des élections libres.

Exode des cadres portugais

Aux facteurs traditionnels de sous-développement (analphabétisme, manque d’investissements, manque de capitaux), se sont ajoutés à l’indépendance en 1975 l’exode de la bourgeoisie des entreprises et du personnel portugais spécialisé, les tensions avec les pays voisins, et les destructions causées par les actions militaires.

Indices économiques

PIB: 1’353 millions de dollars; croissance annuelle: 5,7% ; PIB per capita (1995): 810 dollars; dette extérieure (1995): 5’781 millions de dollars; taux d’inflation: 44,6%. Importations: 1’213 millions de dollars; exportations: 241 millions de dollars. Principaux fournisseurs: Union Européenne (19,1%), pays en voie de développement (72,5%), République d’Afrique du Sud (44,2%). Principaux clients: Union Européenne (38,2%), Japon (12,9%), Pays en voie de développement (30%). (apic/fides/be)

20 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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