Crise sociale, immigration et réforme structurelle au menu

Lourdes: Fin de l’Assemblée plénière de printemps des évêques de France

Lourdes, 7 avril 2006(Apic) Les évêques français, réunis en Assemblée plénière de printemps à Lourdes, ont analysé la crise sociale qui secoue la France, tout en poursuivant leurs réformes structurelles. Les évêques se disent en outre en désaccord avec le projet de loi sur l’immigration. Ils vont exprimer cette désapprobation, le 10 avril, au ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy. Ils ont également exprimé jeudi leur volonté d’agir sur la «grave crise de sens», avec notamment la contestation provoquée par le CPE, après les événements des banlieues l’an dernier.

Pour la troisième année consécutive, la Conférence des évêques de France (CEF) tient une assemblée plénière «de printemps». En 2003, il avait été décidé d’ajouter d’autres assemblées en plus de celle, rituelle, de novembre.

Cette assemblée, qui fait alterner séances plénières et carrefours, s’est déroulée totalement à huis clos – à la différence de celle de novembre, au cours de laquelle des conférences de presse sont prévues, indique le quotidien français «La Croix».

La CEF avait invité le sénateur et maire (PS) de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, afin de prendre le temps, jeudi 6 avril, de s’interroger en profondeur sur les raisons du malaise des jeunes et de la société française (lire encadré). Jean-Louis Borloo, ministre de l’emploi, de la cohésion sociale et du logement, était également invité, mais n’a pu se déplacer, du fait des négociations avec les syndicats.

Intégristes et traditionalistes

Autre question de poids, écrit «La Croix»: la place des groupes traditionalistes (en lien avec Rome), voire éventuellement l’accueil d’intégristes (lefebvristes, en rupture avec l’Église catholique) dans les diocèses, au moment où le pape s’apprête à publier un motu proprio sur le rite de la messe. Après avoir pris connaissance de statistiques (émises par le groupe traditionaliste Oremus) qui recenseraient en France 35’000 fidèles intégristes et 45’ 000 traditionalistes, trois évêques – Mgr Vingt-Trois (Paris), Mgr Saint Macary (Rennes) et Mgr Rey (Toulon) – ont témoigné de leurs relations «plutôt bonnes» avec des communautés monastiques célébrant selon le rite de saint Pie V.

Selon «La Croix, on peut toutefois supposer que 80’000 Français sont attachés à la liturgie tridentine. Les évêques se sont également interrogés sur l’avenir des mouvements et associations de laïcs.

Vendredi 7 avril à midi, tous les évêques devaient quitter Lourdes, à l’exception de ceux d’Île-de-France qui, en ce week-end des Rameaux, vont accueillir à Lourdes les milliers de lycéens pèlerins du «Frat».

Au plan social, les évêques français se disent en désaccord avec le projet de loi sur l’immigration. Ils vont exprimer cette désapprobation, le 10 avril, au ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, a annoncé à Lourdes jeudi l’évêque de Saint-Denis, Mgr Olivier de Berranger. «Notre devoir, c’est d’élever la voix. Nous disons «pas d’accord». L’immigration choisie plutôt que subie, c’est très à la mode dans le monde occidental. Mais pas d’accord pour que nous prenions aux pays pauvres les cerveaux, les +bons+ immigrés, et laissions» les plus pauvres, a expliqué à la presse Mgr de Berranger, président de la Commission épiscopale de la mission universelle de l’Eglise, cité par l’Agence France presse..

Jeunesse angoissée

Les évêques de France ont également exprimé jeudi leur volonté d’agir sur la «grave crise de sens», que connaît la jeunesse française, qui est «angoissée», comme l’ont montré les émeutes de banlieue, en novembre, et la crise actuelle sur le CPE.

Lors d’une journée consacrée à la tension actuelle, au deuxième jour de leur assemblée plénière, ils ont estimé que la crise actuelle était identique à celle de novembre dernier sous «une autre forme». Se refusant à prendre une position politique, ils ont estimé que les jeunes avaient surtout «besoin de respect».

«Les jeunes ne demandent pas la lune. Ils réclament de la sécurité, pas de l’opulence. Ils expriment leurs souffrances, ne peuvent envisager l’avenir dans la précarité, pour le logement en particulier», a dit de son côté Mgr Jean-Luc Brunin, évêque d’Ajaccio, qui animait les débats des évêques avec Mgr de Berranger.

Les travaux, qui s’achèvent vendredi, étaient présidés par le président de la Conférence épiscopale, le cardinal-archevêque de Bordeaux Jean-Pierre Ricard. (apic/ag/cx/pr)

7 avril 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!