Il demande aux médias de ne pas céder à la provocation

Lourdes: Le cardinal Lustiger condamne les actes de profanations

Lourdes, 14 août 2004 (Apic) Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, présent à Lourdes pour le pèlerinage de Jean Paul II, a demandé aux médias de ne pas faire trop de publicité aux actes et profanations antisémites et autres actes, inscriptions et graffitis, contre les chrétiens et les musulmans. Des actes qui se multiplient un peu partout en France.

Le cardinal a donné une conférence de presse à Lourdes, suite aux inscriptions antisémites découvertes sur un muret du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris, le 14 août 2004 au matin.

Si le cardinal Lustiger condamne fermement la multiplication de ces actes en France, il a expliqué à la presse qu’il voulait avant tout savoir qui était à l’origine de ces actes et à demander à ce qu’on ne rentre pas «dans le piège de la médiatisation».

«Il ne faut pas faire peser sur une société des soupçons injustifiés, ou créer des paniques déraisonnables. Si avec une campagne de graffitis ont peu déstabiliser la République, alors la paix civile est en danger», a martelé le cardinal archevêque de Paris.

Pour le cardinal, s’il s’agit de jeunes, «les profanations prennent l’allure d’un jeu de provocations, d’un jeu du chat et de la sourie avec les forces de l’ordre». «La provocation conduit à la médiatisation», a estimé le cardinal. «Il ne faut pas donner une prime à la médiatisation à de petits groupes», a-t-il aussi expliqué.

Une société sans mémoire?

«Si les provocateurs sont des éléments marginaux de la société, c’est la marque qu’ils n’ont d’autres moyens d’expression» a poursuivi le cardinal. «Dans la situation actuelle, l’agression du judaïsme, du christianisme et de l’islam par des signes nazis, peut vouloir signifier que dans notre société, l’idéologie nazie est le seul moyen d’expression pour certaines personnes marginalisées. Alors, ne sommes-nous pas dans une société sans mémoire historique, sans réflexion, qui fait le lit des extrémismes ?», c’est alors interrogé le cardinal français.

«On ne peut pas parler de la même façon du judaïsme et de ses drames, de l’héritage chrétien et de la présence musulmane contemporaine. C’est une erreur de jugement et politique», estime encore Mgr Lustiger. «Pour que la raison triomphe, il faut vite savoir de qui il s’agit», a-t-il enfin conclu.

Dans la matinée du 14 août 2004, des inscriptions «Mort aux juifs» et des croix gammées ont été découvertes sur un muret du parvis de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Les inscriptions ont été rapidement effacées et la police judiciaire a été saisie de l’enquête. Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, a fermement condamné ces «actes inadmissibles». (apic/imedia/pr)

15 août 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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