Mgr Bernard Genoud à la table des malades
Lourdes: Pèlerinage romand à Lourdes
De Lourdes, Jean-Brice Willemin
Lourdes, 15 mai 2009 (Apic) Président du pèlerinage interdiocésain de Suisse romande, Mgr Bernard Genoud a partagé mercredi soir le repas avec quelques dizaines de malades hébergés dans l’Hospitalité de Lourdes. A cette occasion, il a encore béni la nouvelle pharmacie mobile installée à côté de la cafétéria.
Mgr Bernard Genoud est très visible dans le sanctuaire et s’arrête volontiers pour discuter quelques minutes avec chacun des pèlerins qui le saluent. Il lui a fallu du temps. mercredi, pour rejoindre l’Hospitalité où sont hébergés les malades à l’occasion du souper. Avant de se mettre à table et de partager leur repas, il leur adressé quelques mots. Il les a remercié pour leur présence et leur témoignage de foi, qui touche les pèlerins et bénévoles qui les côtoient au plus profond de l’âme.
«Une jeune Mexicaine venue il y a quelques années avec le collège du Châtelard aux Avants sur Montreux (VD) m’a fait un témoignage bouleversant en rentrant de Lourdes», a confié Mgr Genoud. Cette jeune fille de famille fortunée lui a raconté comment sa vie était changée depuis son retour. Plutôt que de se plier aux plans de ses parents, de devenir une riche héritière et de faire un beau mariage, elle a manifesté de devenir assistante sociale au service des malheureux.
Bénédiction de la pharmacie
A côté de la cafétéria, est installé le bureau des médecins et leur pharmacie mobile. Mgr Bernard Genoud a saisi l’occasion pour bénir une nouvelle infrastructure, pratique pour les déplacements en train. Mgr Genoud a mis en évidence l’ingéniosité de cette installation au service de la santé des humains. «Il s’agit de ne pas laisser dormir ces bienfaits de la nature transformée par l’homme dans des coffres-forts».
Université de Lausanne à Lourdes
Un étudiant de la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université de Lausanne (UNIL), en chaise roulante, a assisté à cette bénédiction. «Je suis d’abord au pèlerinage dans le cadre d’une recherche sociologique d’un groupe d’étudiants. Nous sommes onze depuis le début de la semaine, encadrés par trois assistants, pour étudier ce fait religieux». Chacun d’eux est affecté à une équipe de bénévoles; pour les aider et pour réfléchir à leur engagement et leur témoignage de foi.
Laurent Amiotte-Suchet, maître-assistant à l’Observatoire des religions à l’UNIL, mène cette recherche universitaire. «Le site de Lourdes est un prétexte. Nous avons ici un terrain d’observation assez grand pour que chaque étudiant puisse être seul sur le terrain et ensuite, le soir, partager ses expériences avec ses camarades et professeurs». Même s’ils sont observateurs, les étudiants sont appelés à se dévoiler, à confier leurs convictions religieuses, confie le responsable de l’étude. «Nous découvrons ici une autre image du pèlerin que la grand-mère avec son chapelet devant la Grotte».
Entraide et amitié
Interrogé par un journaliste romand de presse écrite, Mgr Rémy Berchier, directeur du pèlerinage romand de Lourdes, confirme cette évolution. «Un pèlerinage à Lourdes était plus austère dans le passé. Aujourd’hui, sortis du sanctuaire et des offices religieux, les pèlerins vivent des moments de solidarité, d’amitié et d’entraide avec leurs malades et leurs proches». Et l’attente d’un miracle ? Mgr Berchier, vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, rappelle une phrase d’un aveugle italien: «Je suis venu pour retrouver la vue et j’ai retrouvé la foi». (apic/jbw/pr)



