Lourdes: Regard de Mgr Rémy Berchier sur «son» Pèlerinage interdiocésain romand

Un temps marqué par une grande ferveur spirituelle

Jean-Charles Zufferey, du service d’information du vicariat épiscopal à Lausanne

Lourdes, 16 mai 2003 (Apic) Alors que plus de 15’000 militaires – provenant de 35 pays différents – ont investi Lourdes, ce 16 mai, à l’occasion de leur 45ème pèlerinage international, les quelque 4’000 Romands vivent encore sur place de nombreux temps forts. Comme la procession mariale aux flambeaux de jeudi soir sous la présidence de Mgr Denis Theurillat, un chemin de l’eau matinal ce vendredi et même un passage aux piscines pour les malades en fin de journée.

Mgr Rémy Berchier, vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, a assuré la direction de ce pèlerinage marqué avant même son début par des difficultés liées au prix des transports en train et à la grève des SNCF en France. A deux jours de son terme, et à la veille de sa messe d’envoi, le temps est venu de poser un premier bilan.

JCZ: Force est ainsi de constater que du point de vue humain, spirituel et logistique, ce pèlerinage est déjà un succès .

Rémy Berchier: Humainement parlant, toutes les personnes que je rencontre me confient systématiquement la bonne ambiance générale sur place. La météo est aussi avec nous, ce qui est quasiment une première. Ici à Lourdes, je constate que se vivent véritablement la fraternité, l’amitié et la joie d’être ensemble. Même si certaines journées, comme celles de mercredi et de jeudi, ont été très chargées.

Du point de vue spirituel maintenant, je ressens une très grande ferveur. Il y a une sorte de tension spirituelle intérieure et permanente, une action de grâce quotidienne et tout à la fois une supplication, ce qui rend très émouvant ce pèlerinage. Personnellement, c’est la première fois que je le vis aussi fortement. La participation aux célébrations est par ailleurs excellente. On voit que les personnes en veulent, en demandent toujours davantage. Enfin, sur le plan logistique, la grève en France a bien sûr un peu perturbé le début de notre pèlerinage. Mais, tout le monde est finalement arrivé à bon port. Ce petit souci semble oublié. J’aimerais encore adresser des remerciements sincères à la presse qui couvre largement l’événement cette année.

JCZ: Quels sont vos objectifs pour les prochains pèlerinages? Souhaitez- vous voir «décoller» le nombre d’inscriptions?

RB: Par rapport à l’an dernier, nous sommes déjà en notable augmentation avec près de 4’000 pèlerins. Le nombre de malades est également plus important. Cela dit, nous avons évidemment encore un effort à faire, notamment auprès des homes médicalisés et des EMS. Nous ne devons pas avoir peur de faire davantage de publicité et d’information. On ignore trop souvent la formidable infrastructure et tout le sérieux de celle-ci à Lourdes. Les pèlerins sont en mains de professionnels à tous les niveaux. Il faut que cela se sache.

Nous devons également être attentifs au prix des transports. Le train coûte de plus en plus cher, l’avion aussi. La piste à privilégier est peut-être celle des bus à l’avenir. Toutes les couches sociales se déplacent ici. Il est impensable de péjorer les personnes à revenus modestes. Quant au moyen terme, je l’appréhende positivement. Cette année, on fête le 145ème anniversaire des apparitions. En 2008 donc, cela sera le 150ème. Sans attendre ce sommet, je compte sur une croissance du nombre de pèlerins chaque année d’ici là. Dans la situation actuelle de l’Eglise et de la société, je pense qu’un pèlerinage est un point de ressourcement qui peut devenir toujours plus important, surtout que les moyens de communication sont à peu près à la portée de tout le monde aujourd’hui.

JCZ : Personnellement, comment arrivez-vous à honorer vos nombreux engagements avec tout le travail que nécessite la direction d’un tel pèlerinage? Trouvez-vous le temps de vous ressourcer?

RB: J’aime aller me ressourcer à la Grotte vers minuit. Il y a peu de monde et j’apprécie d’y passer une heure tranquillement devant la Vierge et le Saint Sacrement. A part cela, toutes les célébrations sont des temps forts que je peux vivre intensément aussi. Et bien entendu, les rencontres, comme celles avec les malades et les personnes âgées par exemple, m’apportent beaucoup. Enfin, je trouve un ressourcement personnel lors de la préparation du pèlerinage, lorsque j’approfondis le thème. Nous avons eu la chance de participer au mois de novembre à des conférences de haut niveau avec le Cardinal Lustiger, avec le rédacteur en chef du journal «La Croix» et avec le recteur de l’Université de Toulouse. La réflexion théologique, portant sur la mondialisation et la globalisation, m’a beaucoup aidée à m’introduire dans le thème: «Un peuple de toutes les nations». Aujourd’hui, je perçois donc mieux les fruits de ce travail en amont et je peux l’intérioriser plus aisément.

JCZ: Un dernier mot pour qualifier ce pèlerinage?

RB: Nous pouvons restituer dans nos paroisses tout ce nous avons reçu sur ce thème ici à Lourdes. Je suis également impressionné par le nombre de personnes qui apportent des intentions énormes et qui les déposent à la Grotte. La profondeur et le poids des souffrances, ainsi déposés, nous font rentrer chez nous plus légers et ressourcés. Que tout cela devienne témoignage et rayonnement, là où nous serons appelés par la suite. Nous devons être nourriture, dans la vie de tous les jours, vis-à-vis de celles et ceux que nous allons maintenant rencontrer. JCZ

Les illustrations de cet article sont à commander à l’agence CIRIC, Chemin des Mouettes 4, CP 405, CH-1001 Lausanne. Tél. ++41 21 613 23 83 Fax. ++41 21 613 23 84 E-Mail: ciric@cath.ch

(apic/jcz/bb)

16 mai 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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