à l’histoire des relations entre judaïsme et christianisme

Louvain: l’Université catholique consacre un séminaire

Donner une image plus précise du contentieux théologique

Louvain-la-Neuve, 24 août 1997 (APIC) Dès la rentrée prochaine à l’Université catholique de Louvain, un sééminaire annuel de 30 heures sera consacré à l’étude des «relations entre judaïsme et christianisme, dans l’histoire pré-moderne». Il sera animé par un spécialiste de la question, Menahem R. Macina, maître de conférence attaché à l’Institut Orientaliste. C’est certainement, la première fois en Europe qu’une unité de recherche, dans une université catholique, se penche sur l’étude historique des relations mouvementées entre le judaïsme et le christianisme à cette époque.

Le séminaire examinera spécialement l’attitude adoptée envers le judaïsme par les chrétiens des premiers siècles, d’après les sources littéraires grecques et orientales, et d’après les sources juives. M. Macina définit l’objectif en ces termes : «Il s’agit de donner une image plus précise du contentieux théologique opposant les deux religions, en analysant les argumentations respectives. Il importe aussi de mettre en évidence les conséquences religieuses et sociales de la marginalisation des juifs dérivées de ce contentieux, depuis le dééut de l’ère chrétienne jusqu’à la fin du Moyen Age.»

Le séminaire s’adresse d’abord aux étudiants de l’UCL qui fréquentent l’Institut orientaliste, la Faculté de Théologie ou l’Institut d’Etudes médiévales. Mais il sera ouvert à tous, y compris aux non universitaires, moyennant l’accord du titulaire. L’étude historique s’appuiera sur la lecture commentée de textes anciens, grecs, orientaux ou hébraïques. Mais que les non initiés se rassurent : tous ces textes seront proposés en traduction française. «L’important, souligne Menahem Macina, est que les participants aient le désir de comprendre et la volonté de travailler ensemble au remplacement de «l’enseignement du mépris» par «l’enseignement de l’estime», selon la belle formule de Jules Isaac.»

Professeur d’histoire et inspecteur de l’enseignement en France, Jules Isaac avait demandé au pape Jean XXIII, au moment du Concile Vatican II, s’il y avait quelque espoir que l’Eglise catholique revienne un jour sur des jugements sans nuances portés surles juifs en général. Le pape avait aussitôt répondu qu’il y avait plus que de l’espoir.

Pour les juifs comme pour les catholiques, la déclaration conciliaire «Nostra Aetate» (1965) sur le dialogue avec les autres religions a donné une impulsion décisive au nouveau regard sur le peuple juif. Elle a été suivie en 1974 de recommandations concrètes, que rencontre justement la création du nouveau séminaire : «On stimulera la recherche des spécialistes sur les problèmes touchant le judaïsme et les relations judéo-chrétiennes, spécialement dans le domaine de l’exégèse, de la théologie, de l’histoire et de la sociologie. […] Là où la chose est possible, on créera des chaires d’études juives et l’on encouragera la collaboration avec les savants juifs.» (apic/cip/mp/pr)

9 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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