Le pape évoque la grâce intime que Dieu a donnée à la femme
Luanda: Benoît XVI déplore les mauvaises conditions de vie de la femme en Angola
Luanda, 23 mars 2009 (Apic) Benoît XVI a déploré les mauvaises conditions de vie des femmes en Angola, lors d’une rencontre avec les mouvements catholiques travaillant pour la promotion de la femme, à la paroisse Santo Antonio de Luanda, dans l’après-midi du dimanche 22 mars 2009. Le pape, qui a mis en avant la conduite et la responsabilité des hommes, a également évoqué «le charme» et «la grâce» des femmes.
Le dernier rendez-vous du séjour de Benoît XVI sur le continent africain a été consacré à la question de la dignité des femmes. Au cours de cette rencontre, le pape a particulièrement exhorté les Angolais «à une réelle prise de conscience des conditions défavorables auxquelles ont été soumises – et continuent de l’être – de nombreuses femmes, en examinant dans quelle mesure la conduite des hommes, leur manque de sensibilité ou de responsabilité peuvent en être la cause».
Il faut reconnaître, affirmer et défendre l’égale dignité de l’homme et de la femme, a encore demandé le pape devant une assemblée essentiellement féminine. En Angola, la guerre civile a mené entre 60 et 70% de la population en dessous du seuil de pauvreté. Un phénomène qui touche en particulier les femmes et les enfants. Seules 40 % des femmes ont un emploi et les 60 % restants vivent de travaux informels. Quant aux femmes entrées illégalement dans le pays pour travailler dans la région des mines de diamants, elles sont souvent victimes de violences sexuelles.
Au cours de son intervention, après plusieurs témoignages, Benoît XVI a aussi regretté que «l’histoire mentionne presque exclusivement les conquêtes des hommes, alors qu’en réalité une part très importante est due à des actions déterminantes, persévérantes et utiles accomplies par des femmes».
«L’histoire mentionne presque exclusivement les conquêtes des hommes»
«Dans une civilisation comme la nôtre, dominée par la technique, on ressent le besoin de cette complémentarité de la femme, afin que l’être humain puisse y vivre sans se déshumaniser complètement», a encore soutenu le pape. Il suffit de penser, a-t-il expliqué, aux terres où règne la pauvreté, aux régions dévastées par la guerre, à de nombreuses situations dramatiques découlant des migrations forcées ou non… «Ce sont presque toujours les femmes qui y maintiennent intacte la dignité humaine, défendent la famille et sauvegardent les valeurs culturelles et religieuses».
Par ailleurs, Benoît XVI a estimé que la présence maternelle dans la famille est tellement importante pour la stabilité et la croissance de cette cellule fondamentale de la société qu’elle devrait être reconnue, louée et soutenue par tous les moyens possibles. «Pour le même motif, a précisé le pape, la société doit rappeler aux maris et aux pères leurs responsabilités à l’égard de leur propre famille». Devant de nombreuses femmes coiffées et vêtues de tissus colorés, le pape a, en outre, évoqué «le charme fascinant qui émane de la femme de par la grâce intime que Dieu lui a donnée». Au terme de la rencontre, sur fond de chants traditionnels africains, Benoît XVI s’est vu remettre plusieurs cadeaux symbolisant le travail des femmes du pays. Tout au long de la cérémonie, en raison de la chaleur, le pape n’a eu de cesse de s’éponger le visage. (apic/imedia/ami/be)



