Lucerne: Fête pour les 80 ans du théologien suisse Hans Küng
«Le combat juste est combattu»
Lucerne, 10 juin 2008 (Apic) La joie et la réflexion ont marqué, dimanche soir 8 juin, la fête organisée à Lucerne pour le 80e anniversaire du théologien suisse Hans Küng. Un collage de textes et de musique a raconté son parcours dans l’Eglise: le vicaire de Lucerne devenu professeur à Tübingen et un des plus éminents théologiens catholiques au monde.
Pour son 80e anniversaire, on se demande ce qui va rester de son oeuvre et de son influence, affirmait Hans Küng, au terme de la fête dans la grande salle de l’université de Lucerne. Fort heureusement, la réponse appartient aux générations futures.
Le théologien né le 19 mars 1928 à Sursee dans le canton de Lucerne est l’auteur de certainement plus de 50 ouvrages. L’important, pour lui, est que «l’affaire» se poursuive. «L’affaire» concerne l’oecoumène, interne et externe. Pour la dimension interne, c’est la Fondation pour la liberté dans l’Eglise, lancée et soutenue par un fonds de Herbert Haag qui s’y attelle. Elle est présidée par Hans Küng, son collègue à Tübingen. La dimension externe est assurée par la Fondation Weltethos, qui s’engage depuis 1995 à mettre en place une éthique globale au niveau planétaire. Là également, c’est le théologien lucernois qui en assure la présidence.
Durant les 20 premières années de son activité à Tübingen, Hans Küng s’est surtout concentré sur le dialogue théologique entre les Eglises chrétiennes. Depuis le retrait par le Saint-Siège de son autorisation d’enseigner au nom de l’Eglise, en 1979, il s’est davantage engagé pour le dialogue entre les religions.
Prestations oratoires et musicales très diverses
La large palette de l’engagement de Hans Küng a été exprimée durant la fête par des prestations oratoires et musicales très diverses. Ainsi, le musicien Armin Brunner a composé une oeuvre qui exprime la chronique du monde par un ensemble de tonalités, ainsi que des éléments de sa vie joués par le Trio Festivo. Des citations du théologien ont été déclamées par l’actrice Maria Becker, âgée de 88 ans, alors que des commentaires ont été lus par le fils de cette dernière, Benedict Freitag, et par l’actrice Katharina von Bock.
Après la partie musicale, un hommage appuyé a été rendu à l’éminent professeur Karl Barth, qui a fortement influencé Hans Küng, et avec lequel ce dernier partage une passion pour l’oeuvre de Mozart. Une prestation musicale du compositeur autrichien a été jouée par le Quartett Carmina.
Hans Küng a rappelé lors de la fête une prédication assurée dimanche matin dans l’église de sa ville natale de Sursee. Il a choisi de commenter deux passages bibliques: l’acte de foi de l’apôtre Paul «J’ai combattu le juste combat», et l’invitation de Jésus à l’insouciance: «Ne vous préoccupez pas du lendemain». Ces deux prises de conscience ont aidé Hans Küng à ne pas abandonner malgré toutes les hostilités, et même à garder le sourire.
Lors de l’apéritif servi au terme de la partie principale, le théologien suisse a eu l’heureuse surprise de recevoir de l’artiste Hans Erni, âgé de 99 ans, un dessin esquissé à la fin des années 1990 lors d’un congrès de l’UNESCO à Valence, à laquelle tous deux avaient été invités. L’oeuvre montre Hans Küng orateur.
Note: Des photos sont à disposition sur le site internet www.rsutter.ch/kueng2008/album
(apic/com/jo/bb)



