Un effet du tsunami
Lucerne: Forte baisse des dons des paroisses à l’Action de Carême en 2005
Lucerne, 20 juin 2006 (Apic) L’Action de Carême des catholiques suisses a ressenti de façon inverse aux autres oeuvres d’entraide l’effet du tsunami. Cette catastrophe, qui est intervenue peu avant la période de carême, a mobilisé la générosité des Suisses. Une nette augmentation des dons privés a permis de boucler l’exercice 2005 sur les mêmes bases qu’en 2004.
«Tandis que les dons directs ont nettement augmenté, les dons versés par le biais des paroisses ont enregistré un recul marqué. Le résultat 2006 montrera si cette évolution est due à l’effet tsunami», affirme Antonio Hautle, directeur de l’Action de Carême, dans la présentation des comptes 2005, diffusée le 20 juin. L’oeuvre d’entraide n’a en effet pas profité de l’afflux des dons, car elle n’est pas active dans l’aide d’urgence ni présente dans les régions côtières dévastées, en décembre 2004, par le raz de marée.
Ainsi, la rubrique «dons généraux», qui concerne surtout les contributions des paroissiens en période de carême, a enregistré une baisse de plus de 400’000 francs l’an dernier. De 12,27 millions de francs en 2004, les dons généraux sont passés à 11,86 millions en 2005. L’équilibre général est obtenu grâce à un legs (immeuble) d’une valeur de 900’000 francs. Au total, les entrées financières 2005 se montent à 22’995’370 francs, soit une petite progression par rapport à l’année précédente, qui avait enregistré des entrées pour 22’946’484 francs.
Les dons généraux représentaient en 2005 le 51,54% des produits, alors que les subventions (fédérales et autres) et les contributions de tiers aux projets sont de 12,83%. Au niveau des dépenses, les plus grandes parts sont attribuées aux projets de développement (24,04%), aux projets en Suisse (12,73%), aux projets de pastoral et de mission (12,44%), aux frais des suivis de projets (11,44%) et aux charges administratives et de recherches de fonds (10,51%).
Les dépenses sont bien moins élevées en 2005 que l’année précédente: 19’387’930 francs, alors qu’elles étaient de 21’575’367 francs en 2004. L’explication d’Antonio Hautle: «L’Action de Carême approuvait beaucoup de projets pour trois ans. Les sommes étaient comptabilisées comme charges et, si elles n’étaient pas versées, étaient inscrites au passif (capital lié). Depuis 2005, les projets sont approuvés chaque année et comptabilisés comme charges. Dans les comptes 2005, ce nouveau mécanisme a eu pour conséquence une baisse marquée des versements et une hausse des contributions non distribuées».
Plus de 300 projets soutenus dans le monde
L’Action de Carême soutient au total 229 projets dans les pays du Sud, 37 autres projets internationaux et de politique de développement, ainsi que 38 en Suisse surtout dans la formation, l’animation, les médias, la jeunesse et pour les diocèses.
En 2005, l’Action de Carême a mobilisé ses forces pour la campagne oecuménique «Nous croyons. La violence n’aura pas le dernier mot» et la campagne pour les Objectifs du Millénaire en vue du développement, consacrée notamment à la réduction de la pauvreté. De nombreuses actions ont été menées, afin de «rappeler aux puissants de ce monde les Objectifs du Millénaire pour le développement» et pour «exiger d’eux des mesures efficaces». Ainsi, une carte postale portant un tel message a été envoyée 360’000 fois, alors que sa copie en format géant a sillonné le globe en partant de la Suisse. (apic/com/bb)



