La protection des réfugiés avant la lutte contre les abus

Lucerne: La Ligue suisse des femmes catholiques opposée à la nouvelle loi sur l’asile

Lucerne, 22 août 2006 (Apic) La Ligue suisse des femmes catholiques (SKF) à Lucerne est opposée à la nouvelle loi sur l’asile que le peuple suisse est appelé à voter le 24 septembre prochain. Le comité de cette organisation faîtière, forte de ses «900 associations locales et environ 200’000 membres», recommande dans un communiqué le rejet des lois révisées sur l’asile et les étrangers.

La SKF estime, contrairement à la nouvelle loi, que la priorité va à la protection des réfugiés avant la lutte contre les abus, et recommande ainsi le rejet de la modification législative. Pour les femmes catholiques, cette loi modifiée viole la Convention relative au statut des réfugiés adoptée le 28 juillet 1951 à Genève.

Les femmes catholiques considèrent ainsi que les mesures de contrainte et que le doublement de la période maximale de détention des requérants déboutés en attente d’un renvoi forcé, pour la porter à deux ans, sont hors de proportion et sont contraires au respect des droits de l’homme.

La SKF se préoccupe en particulier du cas des femmes réfugiées et de leurs enfants.

Elle considère que cette catégorie mérite une protection particulière. Les femmes catholiques se prononcent pour un accueil humanitaire des réfugiés en provenance des zones de conflits dans lesquelles ils font face à un danger aigu. Ils devraient pouvoir emmener leur famille et refaire une nouvelle vie en Suisse, sans être soumis à la peur permanente d’être soudainement à nouveau renvoyés.

Soutien à l’initiative COSA

Le comité des femmes catholiques se prononce également contre la suppression de l’aide sociale aux requérants déboutés, «car personne ne doit être poussé dans notre société à vivre dans la misère et l’illégalité». Dans ce cas, estime la SKF, ce sont surtout les familles, les enfants, les malades et les femmes qui seront durement touchés. «Pour les femmes, la seule solution restera souvent la prostitution, et cela, nous ne pouvons pas le permettre», insiste la SKF.

Les femmes catholiques recommandent par contre l’acception de l’initiative populaire COSA, soumise au peuple également le 24 septembre. COSA préconise que les bénéfices ordinaires futurs de la Banque Nationale (BNS) – sauf une part d’un milliard de francs destinée aux cantons – soient versés au fonds de compensation de l’AVS. La SKF argumente que c’est justement pour les femmes que l’AVS (assurance vieillesse et survivants) est importante, car elle représente souvent la seule sécurité financière. (apic/com/skf/be)

22 août 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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