Giusep Nay, Hermann Häring et Leo Karrer récompensés
Lucerne: Le Prix Herbert-Haag attribué à trois défenseurs de la liberté dans l’Eglise
Lucerne, 11 mars 2009 (Apic) L’ancien juge fédéral Giusep Nay et les deux théologiens Hermann Häring et Leo Karrer ont été honorés du Prix de la Fondation Herbert-Haag, à Lucerne, le 8 mars. Lors de la remise du prix, le théologien Hans Küng a à nouveau décoché une série de flèches contre la papauté et l’épiscopat.
La Fondation Herbert Haag a remis son prix pour la liberté dans l’Eglise au juge Giusep Nay pour son engagement en faveur d’une Constitution de l’Eglise «orientée vers une conception moderne des droits à la liberté et qui considère les droits humains non seulement comme des postulats vers l’externe, mais également comme un engagement interne».
Pour sa part, Hermann Häring, professeur émérite de théologie dogmatique et de théorie de la science à l’Université de Nimègue aux Pays-Bas a été honoré pour son engagement permanent pour la liberté de la théologie dans l’enseignement et la recherche, tout comme dans la pratique de la vie de l’Eglise.
Leo Karrer, professeur émérite de théologie pastorale à l’Université de Fribourg en Suisse et inspirateur de la «diète de Bâle» a été «récompensé pour son engagement infatigable avec lequel il a introduit des théologiennes et des théologiens dans la pratique pastorale de tous les jours et les a incités à débattre des défis actuels avec une Eglise comprise de façon synodale».
L’ancien président du tribunal fédéral Giusep Nay a relevé, dans son discours, l’importance de la cohabitation des Eglises en Suisse et de la signification des droits de l’homme pour l’Eglise et ses membres. Il a insisté sur le fait qu’un «droit moderne sur la religion» devait prendre en compte le droit de chaque personne à croire ce qu’elle considère comme juste. Pour le juriste, l’Etat doit non seulement respecter la liberté religieuse, mais aussi la protéger. C’est seulement ainsi que l’Eglise peut être reconnue officiellement.
Discours enflammé de Hans Küng
Dans son discours, le théologien Hans Küng, président de la Fondation Herbert Haag a lancé: «Le feu de la liberté dans l’Eglise s’est éteint. Mais ces dernières semaines, on a vu qu’il a à nouveau jailli». Et ceci, grâce aux «catholiques qui ont du courage». Trois parmi eux ont reçu le Prix Herbert Haag «Pour la liberté dans l’Eglise».
Les récentes discussions sur «le système ecclésiastiques en Suisse, qui a pourtant fait ses preuves», ont été provoquées par «le théologien autrefois réformiste et aujourd’hui conformiste Kurt Koch», a encore affirmé Hans Küng. Peu après son élection comme évêque de Bâle, il a sermonné ouvertement et blessé personnellement» l’initiateur de la Fondation «Pour la liberté dans l’Eglise», le professeur Herbert Haag.
Le président de la Fondation Herbert Haag a également abordé les discussions actuelles au sujet de la Fraternité sacerdotale Saint Pie X et a cité une enquête de la Congrégation pour le Culte divin de 1981. A l’époque, 98,68% des évêques jugeaient «la messe selon le rite médiéval tridentin» dépassée. Chaque concession accordée aux lefebvristes était considérée comme le «début d’une atteinte» aux conclusions du Concile Vatican II, souligne Hans Küng. Le «parti curial» de l’Eglise a tout fait sous les deux derniers pontificats, à travers des documents réactionnaires et des nominations d’évêques, pour faire échouer le plus possible les résultats du Concile ou tout au moins les relativiser.
Note aux rédactions: Des photos sont à commander à angelika.boesch@pfarrblattbern.ch
(apic/gs/bb)



