L'UDC zurichoise Natalie Rickli sort de l'Eglise catholique

La jeune conseillère nationale Natalie Rickli a annoncé sa sortie de l’Eglise catholique. Raison: elle s’estime attaquée par Charles Martig, directeur du Centre catholique des médias à Zurich, qui a critiqué sur son blog les positions de la politicienne UDC zurichoise en matière de  politique des médias.

Dans une «lettre ouverte à l’Eglise catholique-romaine» publiée sur son site internet le 3 septembre 2016, Natalie Rickli informe Mgr Charles Morerod, président de la Conférence des évêques suisses (CES), qu’elle quitte la corporation ecclésiastique catholique.

«Double casquette»

«Partner Relation Manager» au sein du Groupe Goldbach à Küsnacht (ZH), une entreprise qui gère les fenêtres publicitaires de nombreuses stations privées en concurrence directe avec les chaînes du service public, Natalie Rickli (39 ans) préside l’»Aktion Medienfreiheit», qui milite contre les médias de service public. Charles Martig lui reproche de porter une «double casquette».

Le théologien et journaliste écrit sur son blog qu’en tant que présidente de l’importante Commission des transports et des télécommunications du Conseil national tout en ayant des intérêts dans une entreprise de médias privée, Natalie Rickli joue le rôle «d’une force destructrice contre les médias de service public».

«Ce n’est pas très catholique, Madame Rickli!»

Charles Martig relève que les Eglises sont une partie du service public et que comme centres d’impulsions éthiques pour la société, elles contribuent à l’intégration et à la défense des droits de l’homme, de la paix et de sauvegarde de la création. Il souligne que ce genre de service public est indispensable pour la cohésion sociale en Suisse.

Par conséquent, souligne-t-il, «en tant que membres de l’Eglise et citoyens, nous avons aussi un grand intérêt que le service est public se développe et se renforce, en particulier dans les médias. Les forces qui veulent minimiser ou démonter ce service de médias sont en contradiction avec cette idée de ‘service public catholique’». Et Charles Martig d’asséner: «Ce n’est pas très catholique, Madame!»

Choquée

La politicienne UDC, qui relève qu’elle est catholique depuis son baptême il y a 39 ans, se dit «choquée» que son engagement politique soit attaqué par Charles Martig «au nom de l’Eglise catholique romaine».

Réagissant à la sortie d’Eglise de la politicienne UDC en raison de ses critiques, Charles Martig dit à kath.ch regretter cette décision, car telle n’était pas son intention. Il maintient toutefois sa critique concernant la politique des médias que mène Natalie Rickli, qui fait constamment pression sur la Société suisse de radiodiffusion et télévision SRG SSR. Interrogée lundi 5 septembre par cath.ch, la CES n’a pas désiré prendre position dans l’immédiat. (cath.ch-apic/be)

 

 

Natalie Rickli, conseillère nationale UDC zurichoise
5 septembre 2016 | 12:00
par Jacques Berset
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